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01 janvier 2007

"Nous vivons dans un monde de plus en plus dangereux"

medium_hsbriefcover.jpg L'un des mensonges que l'on entend le plus souvent de la bouche des nostalgiques du monde d'"avant", du monde lorsqu'il était sans la mondialisation, le libéralisme et la société de consommation, du monde du temps où l'Union Soviétique leur faisait croire que tout était si merveilleux derrière le rideau de fer, est celui de dire que le monde est de plus en plus dangereux.

C'est un lieu commun de la campagne présidentielle de 2007. Et pas seulement dans la bouche des traditionnels candidats sécuritaires comme Nicolas Sarkozy que nous avions déjà épinglé à ce sujet ("le creusement des inégalités et la montée de la violence") ou encore Jean-Pierre Chevènement ("aussi les risques de l’insécurité à l’intérieur et à l’extérieur, dans un monde dangereux"). Les trois ex-candidats à la primaire socialiste, Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, s'y sont mis, et avec virulence :

Royal et Fabius étaient tous deux d’accord avec le jugement de Strauss-Kahn disant que « le monde est dangereux, sensiblement plus dangereux qu’hier » et que « dans la recherche systématique du profit… la compétition pour les matières premières et l’eau a toujours été une des causes premières des guerres » et que « la mondialisation des profits a entraîné la globalisation des conflits » .

Pas de chance pour eux, il semble bien que notre brochette de candidats terrorisés (et terroriseurs) mente effrontément. Nous avions déjà constaté qu'en 1991, le PNUD comptait 51 conflits contre plus que 29 en 2003. Mais de nouveaux chiffres, encore plus évocateurs ont été publiés par The University of British Columbia dans son rapport Human Security Brief 2006 intitulé "La Guerre continue à décliner, avec une spectaculaire diminution en Afrique". Ils font état d'une évolution récente encore plus positive des conflits violents dans le monde :


- Entre 2002 et 2005, le nombre de conflits armés dans le monde a encore réduit de 15%, passant de 66 à 56.

- Entre 2002 et 2005, le nombre de morts à la guerre à chuté de 40%. 

- En 1989 le monde vivait 10 génocides graves, contre seulement 1 en 2005 (Darfour)

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Entre 1950 et 2005 le nombre de morts à la guerre a fortement chuté 


Seule ombre au tableau, le terrorisme : entre 2002 et 2005, le nombre d'attentats terroristes internationaux a été multiplié par 3 (la plupart en Irak), revenant aux taux connus durant la guerre froide.

On peut cependant dire que globalement le monde est de moins en moins violent, malgré (ou plutôt grâce à) "la recherche systématique du profit", la "compétition" et "la mondialisation des profits" stigmatisés par nos chers socialistes.

Visiblement, la peur, ça marche pas mal du tout pour monter dans les sondages...

Commentaires

j'aimerais nuancer cette analyse, mais auparavant je rappelle que bien évidemment la pauvreté n'a jamais été une cause du crime contrairement à ce que bavent constamment les divers politiques Français, ou pour l'expliquer clairement : un pauvre, lorsqu'il n'a plus rien, finit tout simplement par mourir de faim car il ne peut habituellement pas se résoudre à agresser pour obtenir de l'argent, faute de posséder la mentalité particuliére nécessaire pour faire carriére dans le crime et de fait pour pouvoir faire usage de la violence.

je citerais à titre d'exemple Anthony "The Ant" Spilotro, né dans une famille aimante avec des parents attentifs et financiérement sans problémes, qui entre bien d'autres actes écrasa la tête d'un rival maffieux avec un étau jusqu'à faire sortir les yeux de leurs orbites... bref, si la pauvreté menait au crime cela fait bien longtemps que toutes les personnes pauvres du monde auraient pris le pouvoir.

du reste, dire que le monde est "violent" est une erreur: la violence étant un moyen, affirmer "le monde est violent" revient à dire, par exemple "le monde est désamiantage";

mais bref, aprés cette petite gifle pour le socialisme dont je n'ai pas su me priver, voici la nuance que je souhaitais apporter, en citant les trois grands points de l'article:


=> "Entre 2002 et 2005, le nombre de conflits armés dans le monde a encore réduit de 15%, passant de 66 à 56."

la raison de cette diminution est surtout liée au désintéressement pour la guerre symétrique et à la montée en puissance de la guerre assymétrique;pour l'ennemi actuel, les grands conflits ouverts impliquant des divisions entiéres de chars sont inadaptés: pas assez de forces à opposer auxdites divisions blindées, pas assez de moyens pour tenir durant toute un conflit de haute intensité.

ce qui ne veut pas dire par ailleurs que c'est la fin des conflits mondiaux: la Guerre Froide et ses multiples "guerres proxy" (càd télécommandées par une grande puissance, le Viêtnam est l'exemple-type) fut la 3éme guerre mondiale, la guerre actuelle "contre le terrorisme", est elle la 4éme guerre mondiale.
une guerre qui reste relativement invisible (ce qui la rend d'autant plus dangereuse car il est agréable de penser que "la menace est loin" et de ne pas prendre les solutions les plus adaptées) mais qui se jouera, tout comme la Guerre Froide, sur le long terme.

Guerre Froide qui fut "gagnée" militairement par les USA mais tout en étant perdue "idéologiquement", d'ailleurs, pour preuve la plutôt bonne santé de l'idéologie communiste à travers le monde grâce à un certain sentiment de sympathie instillé par les médias occidentaux et d'Amérique Latine... mais je commence à digresser.


=> "Entre 2002 et 2005, le nombre de morts à la guerre à chuté de 40%."

le nombre de morts baisse en effet grâce à l'amélioration des soins aux blessés dans les armées modernes et l'amélioration et la généralisation des protections individuelles (gilets pare-balles plus efficaces et dont la distribution aux personnels combattants devient systématique), mais uniquement dans celles-ci: les armées plus pauvres, moins bien équipées et mal organisées sur l'aspect "soin aux soldats" ne bénéficient pas de cette diminution... de plus on peut également y voir le fait de la raréfaction des conflits de haute intensité (la majorité des guerres en cours étant de moyenne ou basse intensité): une guerre ouverte avec de grandes offensives "coûtera" toujours bien plus cher en vies à l'attaquant qu'une dizaine d'embuscades échelonnées sur six mois.

le fait que les guerres de quatriéme génération soient "urbaines" aura également un impact dans le futur quant au total de morts par guerre, soit dit en passant, vu la grande concentration d'êtres humains par ville...


=> "En 1989 le monde vivait 10 génocides graves, contre seulement 1 en 2005 (Darfour)"

à ceci prés que le génocide n'est qu'une méthode "organisée" de l'utilisation de la violence envers autrui:
comme l'ont prouvé les événements au Darfour, qui est contrairement à ce que propagent les médias pas exactement un génocide (pas de réelle planification, juste des miliciens soutenus pour commettre des raids ponctuels contre la population visée), un emploi de la violence "sur le long terme" peut être tout aussi meurtrier qu'un génocide; que ce génocide soit "industriel" (la Shoah) ou "artisanal" (le génocide Rwandais)

j'ajouterais pour terminer que contrairement à ce que croit Fabius-le-sanguin (je laisse deviner l'origine du surnom), ce n'est pas l'eau mais plutôt le sel qui fut l'une des causes de conflits à travers l'Histoire; et que malgré des chiffres tendant à montrer une diminution de l'impact des guerres, comparé aux batailles Moyen-Âgeuses qui ne mobilisaient au grand maximum que quelques milliers de combattants (3.000, 5.000...), de toute l'histoire de l'espéce humaine c'est toujours le XXéme siécle qui détient la palme du "siécle le plus meurtrier".

salutations libérales ;)

Ecrit par : French Cat | 10 novembre 2007

Je suis d'accord avec vous deux.

Allons plus loin.

L'agressivité de l'homme est naturel et est un moyen de survie.

Mais l'activité économique a ceci de bénéfique qu'elle permet de transformer une force destructrice en énergie positive.

***

D'autre part, allons plus loin encore. L'agressivité d'un Etat se manifeste par un interventionnisme armé ou par le soutien logistique ou diplomatique à l'un des belligérants.

C'est bien là la source principale des atrocités :

http://projeteuropeen.blogspot.com/2007/04/quelle-politique-europenne-vis-vis-du.html


Sylvain JUTTEAU

Ecrit par : Sylvain JUTTEAU | 18 août 2008

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