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08 novembre 2006

LCR : "Le capitalisme creuse les inégalités ..."

 

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Nous avons vu précédemment que contrairement à ce qu'on ne cesse de nous faire croire, la mondialisation n'aggrave pas les inégalités, mais au contraire les diminue. Nous avions vu que d'après les dires mêmes de l'organisation qui fournissait les rares chiffres qui prouvaient le contraire (le PNUD), ces chiffres étaient faux et ne représentaient rien car comparer les salaires entre les pays ne permettait en aucun cas de comparer le développement humain. Nous avions vu enfin que le procédé de comparaison des salaires était faussé car il ne tenait pas compte du pouvoir d'achat (les prix augmentant avec le développement) et que tous les indicateurs de développement humain qui comptaient par parité du pouvoir d'achat montraient une baisse des inégalités avec la mondialisation.

Simplement, il y a une autre erreur courante qui apparaît dans les chiffres des critiques de la mondialisation et que nous n'avions pas soulignée.

La LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire, tout un programme...) affirme que : "Les écarts de revenus se creusent au niveau de la planète : au début des années 60, le rapport était de 1 à 30 entre les 20% les plus pauvres et les 20% les plus riches. C’était déjà beaucoup. Mais l’écart a encore augmenté depuis, et est passé de 1 à 80". Bon, déjà c'est pas 80 c'est 74 pour être précis. Ensuite, on a dit que comparer les salaires était absurde et faussé.

Enfin et surtout, il est encore plus absurde de comparer 20% des pays les plus riches avec 20% des pays les plus pauvres : il serait plus honnête de comparer 20% des individus les plus riches avec 20% des individus les plus pauvres... Surtout quand on sait que les deux plus gros pays du monde (l'Inde et la Chine) ont connu une très forte croissance de leur revenus, et, si ils ne comptent que pour 2 pays dans les sombres calculs de la LCR, ils représentent en réalité plus de 2,3 milliards d'individus (plus du tiers de l'humanité) !

Si, au contraire on observe l'évolution de la différence entre les 20% d'individus les plus riches avec les 20% d'individus les plus pauvres, on observe que les inégalités ont diminué !

Commentaires

J'ai lu et relu la phrase de la LCR : à mon avis, elle compare bien les revenus des 20% de la population la plus riche à celle des 20% la plus pauvre.
Je ne me prononce pas sur le fond. Il faut juste faire attention à ne pas lire que ce qu'on a envie de lire.
Je suis d'ailleurs curieux de voir ce que l'on peut dire contre cette comparaison maintenant que l'erreur (de lecture) est réparée et que son sens est en fait celui qualifié de "plus honnête".

Ecrit par : schleuder | 16 novembre 2006

@ scheulder,
Il n'y a pas de doute sur la phrase de la LCR : il faut bien comprendre que la LCR n'a pas sorti ses chiffres de son chapeau, mais qu'ils sont issus du Rapport Mondial sur le Développement Humain de 1999. Or, ce rapport comparait bien les pays et pas les individus. Depuis, il a été maintes fois prouvé que ce calcul était absurde et le PNUD qui a publié ce rapport s'est bien gardé de recommencer. Le problème, c'est qu'un certains nombres d'organisations ou de personnes ont continué à citer ce chiffre. Si j'ai parlé de la LCR, c'est donc pour prendre un exemple parmi tant d'autres de ce "phénomène". On aurait pu épingler aussi notamment José Bové qui se plait à répéter ce chiffre (depuis 1999 il n'en a pas trouvé d'autre qui va dans son sens). Il n'y a donc aucune ambiguité d'interprétation, ni d'"erreur de lecture", notamment parce que les chiffres qui comparent les individus montrent une baisse des inégalités.

Ecrit par : Libex | 17 novembre 2006

Ok c'est bien joli réduire les inégalités de salaire, mais croyez-vous réellement que l'on puisse se baser sur un tel chiffre pour évaluer la qualité de vie des habitants de la planète ?
Les conditions de travail n'ont jamais été plus déplorables que depuis l'accélération des mécanismes du marché dans les pays en développement : ceux qui pouvaient produire leur propre nourriture sont obligés de l'acheter et n'ont plus de terres, les conditions environnementales s'aggravent de jour en jour dans toutes les exploitations industrielles et minières qui font les beaux jours des producteurs de hi-tech de l'hémsiphère nord.
Le taux de cancers n'en finit pas d'augmenter (et ne me dites pas qu'avant on ne savait pas les détecter, vos interprétations des statistiques et des chiffres ne suffisent pas).
Alors je pose encore une fois la question : jusqu'à quand va t-on croire que le progrès, la science, la technique, bref les piliers de la croissance vont nous sortir de la panade ?
Etes-vous prêt à tenir le coup face à vos enfants quand ils vous demanderont pourquoi ?

Ecrit par : mouchimouchi | 22 février 2007

Les inégalités ont bel et bien augmenté. Entre individus et entre nations. Il n'y a même pas besoin de chiffres tellement c'est évident.
Au XIIIème siècle, un seigneur féodal ne pouvait pas se payer bien plus de choses qu'un serf, simplement parce que ces choses a acheter n'étaient pas produites. Ainsi, le seigneur vivait à peu près aussi inconfortablement qu'un serf.
Aujourd'hui, entre Bill Gates et sa femme de ménage (ne parlons même pas du paysan africain), il y a un gouffre de pouvoir d'achat.
Au XIIIème siècle, la nation la plus riche du monde (qui devait être la Chine ou le califat de Bagdad) n'était pas foncièrement plus riche qu'une nation pauvre. Ainsi, une nation riche ne pouvait se procurer un armement tel qu'elle pouvait envahir sans problèmes une nation pauvre. Aujourd'hui, la nation la plus riche (les USA) peut coloniser sans problèmes autres que moraux une nation pauvre, voire même une nation moyennement riche (l'Irak).
L'accroissement des inégalités est un fait historique (lisez Braudel ou Bairoch). Cela n'est d'ailleurs pas essentiellement dû au libéralisme mais à la révolution industrielle. Le libéralisme n'est que l'idéologie qui permet de justifier ces inégalités et par conséquent empêche tout ré-équilibrage.

Ecrit par : Jos | 28 avril 2007

Réponse à Jos : Le pauvre d'aujourd'hui vit, au pire, pareillement au pauvre du XIIIème siècle. Seul le riche d'aujourd'hui vit bien mieux que le riche du XIIIème siècle. Et cela parce qu'il est possible d'avoir accés à des produits diversifiés venant de tout les coins du monde grâce à l'amélioration des transports ; ou une augmentation de la santé et du confort. À moins d'y mettre le prix. Mais c'est pas parce que certains n'avancent pas qu'il faut empêcher toute l'humanité d'avancer librement.

Ecrit par : Xavier | 03 août 2007

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