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13 juin 2012

Mal informé, Pascal Salin ?

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Un certain Paul Jorion, journaliste et « diplômé en sociologie et en anthropologie sociale » a écrit un article dont le but est ouvertement de nuire à l’image de Pascal Salin, Professeur émérite de l’Université de Paris Dauphine en critiquant un article qu’il a publié dans Le Monde intitulé « Revenir au Capitalisme ».
Sur un ton polémique et catégorique, il explique que le Professeur Salin a tout faux dans son analyse de la crise pour deux raisons :

  1. De 2004 à 2006, il y a eu un peu plus de titres adossés à des crédits hypothécaires émis par des banques privées que par les agences d’Etat Fannie Mae et Freddie Mac, graphique non sourcé à l’appui.
  2. Les prêts immobiliers risqués du gouvernement viennent du fait que Bush voulait une société de propriétaires, ce qui était un argument du Cato Institute où Pascal Salin a des « amis et admirateurs ». Un peu plus et Jorion nous expliquerait que Pascal Salin est de ce fait responsable de la crise !

On pourrait dire qu’il n’est pas lieu d’apporter une réponse à ces deux arguments, pourtant, cet article arrive en troisième position quand on tape « Pascal Salin » dans Google sous le titre « Pascal Salin est très mal informé ». Il semble donc utile de rétablir quelques vérités concernant chacun de ces deux fabuleux arguments :

  1. Pascal Salin ne dit pas que la crise n’était due qu’aux Government–Sponsored Entities (GSEs) Fannie Mae et Freddie Mac. C’est d’ailleurs un argument qu’il ne sort qu’en complément (et dont il ne parle même pas dans le fameux article du Monde !). Son premier argument est celui que la crise est principalement due aux politiques monétaires de la Federal Reserve, comme il le dit dans l’article : « En effet, la cause de la crise réside dans la politique d’expansion monétaire pratiquée au cours de la première moitié des années 2000, en particulier aux Etats-Unis. Il en est résulté une abondance de liquidités qui a conduit à financer trop de projets, en particulier des projets risqués, d’autant plus qu’elle était accompagnée d’une politique de bas taux d’intérêt qui faussait les calculs économiques. Cette abondance de liquidités et ces manipulations des taux d’intérêt ont entraîné d’importantes distorsions structurelles en orientant les facteurs de production vers les secteurs les plus dépendants du crédit ». Les taux artificiellement bas de la Fed au début des années 2000 ont entrainé une bulle immobilière dans laquelle les investisseurs à prendre des risques excessifs. D’où le nombre important de Residential Mortgage–Backed Securities (RMBs) provenant des banques privées que pointe Jorion. Le graphique qu’il présente est au final une illustration parfaite de la thèse centrale du Pr Salin. Si Jorion avait seulement lu l’article de Salin qu’il prétend critiquer, il aurait lu : « les banques ont ainsi été incitées ou même contraintes d’accorder des crédits à des emprunteurs peu solvables », ce que l’on observe très bien sur le graphe que Jorion nous donne.
  2. L’argument sur le Cato Institute est au ras des pâquerettes puisqu’il consiste à dire que les politiques gouvernementales de crédits ont été influencées par le Cato Institute qui plaidait pour une société de propriétaires. C’est typique des socialistes qui pensent que la fin justifie les moyens. Le Cato Institute n’a jamais dit qu’il voulait une société de propriétaires par tous les moyens possibles, y compris des interventions gouvernementales de toutes sortes. Dans un article publié sur le site du Cato, on peut lire des précisions sur ce qu’ils entendent par là : « Une société de propriétaires valorise la responsabilité, la liberté et la propriété. Les individus sont renforcés lorsqu’on les libère de la dépendance aux largesses de l’Etat. » Jorion ne fera croire à personne qu’il fallait entendre par là : « l’Etat doit financer ou favoriser du crédit facile et devenir créancier d’individus artificiellement propriétaires ». Les politiques monétaires et les politiques de logements des années 2000 n’avaient rien à voir avec les préconisations du Cato et de Pascal Salin.

Enfin, Jorion part dans un délire où il fait une pseudo-psychanalyse méprisante de ses adversaires : « Il s’agit une fois encore de prendre Keynes comme punching-ball : sa mort prématurée en 1946 a frustré les Hayékiens de leur adversaire de prédilection et, pareils au pauvre Hamlet, ils n’en finissent pas de se disputer avec le spectre du père-héros mais haï». Passons sur l’étalage cuistre d’une référence littéraire mal employée (Keynes n’avait rien d’un père-héros pour Hayek) et notons que dans son article, Salin ne parle ni de Hayek, ni de Keynes et on ne voit pas bien où Jorion voit des combats contre des spectres.

31 mai 2012

Comment la CGT manipule ses adeptes

Après le Front de Gauche et sa magnifique performance que nous avions déjà commentée, la « CGT Finances » (sic) a sorti en janvier une vidéo pour expliquer aux français la dette. « La dette : mythe ou réalité » va bien plus loin que l’empilement d’approximations ou de petites erreurs bien pratiques. Il s’agit d’une opération de manipulation.  Décryptage.

La manipulation des chiffres des dépenses et des recettes

Tout d’abord, la vidéo rapporte la croissance de la dette publique, c’est-à-dire la dette de l’ensemble des administrations publiques : Etat + Sécurité sociale + collectivités locales. Jusqu’ici il s’agit de la méthodologie internationale utilisée notamment par l’OCDE et par tous les analystes du monde. La vidéo nous rapporte un chiffre de 1600 milliards d’euros de dette en 2010, ce qui est tout à fait correct.

Le deuxième « chapitre » de la vidéo consiste ensuite à expliquer que le problème ne vient pas d’une augmentation des dépenses, mais d’une diminution des recettes (entendez bien la litanie habituelle : on a fait des cadeaux aux riches, etc…). Et là surprise ! Au lieu d’analyser les dépenses et recettes publiques comprenant Etat + Sécurité sociale + collectivités locales comme ils venaient de le faire plus tôt avec la dette et comme le font tous les analystes et organisations de statistiques du monde, la CGT nous sort les dépenses de l’Etat seulement (en ne comptant même pas les Organismes Divers d’Administration Centrale  traditionnellement rattachés à l’Etat)! Tout en commentant le graphe en bande son : « Si la crise a bien fait monter les dépenses publiques depuis 2009, auparavant, elles avaient tendance à diminuer ». Or le graphe ne présente pas le total des dépenses publiques, il présente le sous-total d’un sous-total de cette grandeur !

Il n’est pas étonnant que les dépenses de l’Etat seul aient légèrement diminué puisqu’il y a eu des transferts de compétences aux collectivités locales dont les dépenses n’ont pas cessé d’augmenter. Par ailleurs, les dépenses de la sécurité sociale ont explosé dans le même temps.

C’est d’autant plus une manipulation de présenter ce graphe car toutes les dépenses participent à la dette et pas seulement celles de l’Etat. Le graphique ci-dessous présente la totalité des dépenses publiques et celles de l’Etat seulement :

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(Source)

D’une part on voit que la CGT est vraiment passée complètement à côté du problème, mais en plus on constate (ci-dessous, copie d’écran de la courbe de la vidéo) qu’ils se sont donné beaucoup de mal pour faire paraître une diminution des dépenses de l’Etat en zoomant laborieusement entre 14% et 24% ! Si on observe depuis le vrai zéro (ci-dessus), on a peine à voir une tendance nette à la diminution des dépenses que ce soit pour l’Etat ou pour toutes les administrations…

 

cgt1.JPG


De même pour les recettes, si on compare les recettes totales des administrations publiques à celles de l’Etat seulement, on obtient les courbes suivantes :

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Si on observe la courbe des recettes publiques, nul doute que la pression fiscale a du augmenter entre 1978 et 2006, mais si on présente une réalité partielle, si comme la CGT on « oublie » malencontreusement de compter la CSG, les charges sociales, la taxe professionnelle, la taxe foncière, la taxe d’habitation… et que l’on ne regarde que les recettes de l’Etat, on a l’impression que la pression fiscale diminue. Et on peut alors affirmer sans sourciller « en revanche, les recettes fiscales qui représentaient 22% des richesses produites par le pays en 1982 ont chuté à 15% du PIB en 2009 », ce qui est tout simplement une contre-vérité.

Le mythe de la bonne dette

Plus tard dans la vidéo, le commentaire tente de redorer son blason à la dette : « Lorsque l’Etat s’endette, c’est pour construire des routes, des écoles, des hôpitaux, pour financer la recherche, et plus globalement  pour développer les services publics. C’est-à-dire pour créer des richesses qui profiteront à tous et aideront au développement de l’économie, assurant ainsi notre avenir »

C’est une affirmation non démontrée. Et pour cause, elle est fausse.

Le rapport de la commission Pébereau énonce, chiffres à l'appui, une vérité contraire : « Cette dette n’est pas le résultat d’un effort structuré pour la croissance et la préparation de l’avenir. Ces 25 dernières années, l’effort en matière de recherche et d’enseignement supérieur a stagné et les investissements publics ont diminué. La dette n’a donc pas financé un effort structuré en faveur des dépenses les plus utiles à la croissance et à la préparation de l’avenir.

Une large partie de l’augmentation de la dette a été utilisée pour financer les dépenses courantes de l’État et pour reporter sur les générations futures une part croissante de nos propres dépenses de santé et d’indemnisation du chômage, alors que ceci devrait être exclu par principe. […] Concrètement, jusqu’en 2020 au moins, les actifs assumeront une dette correspondant à nos dépenses courantes de santé des années 1990 à 2006. Dans le même temps,  ils devront faire face à leurs propres dépenses de santé. Ils paieront donc deux fois.»

On a quasiment l’impression que la CGT nous raconte le contraire mot pour mot de ce qui est dit dans le rapport !

La magie du recours à la banque centrale

Pour finir, entre autres augmentations d’impôts de toutes sortes, la vidéo préconise une autre solution au problème : « l’autre réponse au problème consiste à permettre aux Etats d’emprunter directement de l’argent à la banque centrale européenne sans passer par les banques, celles-ci ne manquant pas de s’enrichir sur notre dos ».

On voit que pour la CGT, l’endettement n’est vraiment pas un problème et que plutôt que de chercher à équilibrer les comptes, mieux vaut emprunter ailleurs…

Mais ailleurs où ? A la banque centrale. Or, on sait bien que la banque centrale ne crée pas de richesses, elle crée seulement de la monnaie à partir de rien. Elle prêterait donc de la monnaie fraichement créée. Or, la création monétaire à richesses réelles égales entraine une hausse globale des prix et c’est la bonne vieille inflation qui permet à l’Etat et à ses protégés de « s’enrichir sur notre dos » comme ils disent…

 

Encore une fois, l’extrême-gauche ne peut s’empêcher de manipuler les faits quand elle souhaite évoquer ce sujet de la dette. Elle a aussi du mal à échapper à ses caricatures classiques du type « les entreprises = les riches = les banques = des gens avec des gros cigares et un haut de forme du XIXe siècle ». Ni la manipulation, ni la caricature ne sont des méthodes honnêtes d’information et de débat.

10 mai 2012

Pourquoi les marchés prêtent-ils encore aux Etats ?

Tous les jeudis à 10h, l’agence France Trésor, rattachée au Ministère de l’Economie et des Finances vend aux marchés financiers les obligations émises par l’Etat français pour financer les dépenses qui excèdent les recettes fiscales.

Le problème est bien connu : en 2011, ce sont environ 125 milliards d’euros soit 5,2 % du PIB qui ont été empruntés et ce montant était encore pire les années précédentes. Dans toute la zone euro, on a assisté les dix dernières années à une explosion des déficits publics qui amène certains Etats à être dans l’impossibilité de rembourser, d’où la crise des dettes souveraines que nous traversons.

Pourtant, les acteurs des marchés financiers ne sont pas idiots, ils savaient bien que la Grèce s’engageait sur une mauvaise pente et qu’il y avait un risque qu’elle ne puisse plus rembourser l’argent qu’ils lui prêtaient. Qu’est-ce qui pousse les marchés à continuer à acheter des obligations grecques, espagnoles, portugaises, irlandaises, françaises… en prenant des risques énormes ?

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La réponse est suffisamment complexe pour n’être que peu expliquée par les analystes. Essayons donc de faire simple :

  1. La Banque Centrale Européenne propose des prêts extrêmement avantageux aux banques (avec des intérêts qui avoisinent actuellement les 1%). Des taux aussi bas n’existant pas dans la vraie vie, elle n’arrive à proposer de tels services que par la création monétaire. Ainsi, depuis 2005, la quantité d’euros existants a doublé !
  2. Mais la BCE met une condition à ces prêts : pour chaque prêt contracté, les banques doivent déposer à la BCE des garanties, appelées « collatéraux », d’un montant similaire, qui doivent être des titres financiers de bonne qualité (de note minimale de A-, descendue à BBB- pendant la crise). Pour obtenir un prêt à 1% d’une valeur de 1000 €, une banque doit donc déposer un peu plus de 1000 € d’obligations d’Etat.*
  3. Et pour pouvoir déposer ces obligations, il faut qu’elles les aient achetées ! L’opération est bien sûr profitable aux banques si le taux d’intérêt qu’elles demandent aux Etats est supérieur à celui du prêt qu’elles vont obtenir de la BCE. Mais ça n’est pas difficile de faire un peu plus que 1% ! Ainsi, l’Etat français emprunte à 3%...

Pour résumer : la BCE crée de la monnaie qu’elle prête aux banques à condition qu’elles achètent des obligations d’Etat.

Ce mécanisme s’avère au final être un cercle vicieux. Les banques achètent des obligations d’Etat à 3% ce qui leur permet d’avoir un prêt à 1% auprès de la BCE et à terme, de s’enrichir de la différence. Avec l’argent débloqué par le prêt, rien ne leur empêche d’acheter de nouvelles obligations d’Etat pour obtenir un nouveau prêt. Tant qu’il y a des obligations d’Etat à vendre, les banques répètent le mécanisme qui leur permet de s’enrichir par la « planche à billets » que fait marcher la BCE à plein régime.

D’une part, cette injection d’argent nouveau dans l’économie entraine progressivement de l’inflation (il y a une masse monétaire plus grande pour un nombre inchangé de biens matériels, donc à terme, les prix montent), d’autre part cela permet aux Etats d’emprunter sans limite à des taux bas qui ne représentent pas le risque réel de leur endettement. Les faillites réelles ou annoncées d’un certain nombre d’Etats européens n’ont donc plus rien de surprenant.

La récente rupture dans la tradition de la BCE de ne pas acheter directement d’obligations d’Etat avec le mécanisme de la planche à billet ne doit pas cacher le fait qu’elle le faisait déjà indirectement au travers du même mécanisme de la planche à billet associé à celui des prêts et des collatéraux.

En réalité, les deux mécanismes sont équivalents. Celui de la BCE est juste plus opaque. Le résultat est le même : les politiciens qui n’ont pas le courage d’affronter directement leurs peuples par des hausses d’impôts financent leurs promesses électorales par l’endettement et l’inflation, grâce à la complicité de leur Banque Centrale. C’est un schéma tout à fait classique des Etats corrompus par l’étatisme et le clientélisme qui n’a jamais mené à autre chose qu’à des récessions dramatiques marquées par des troubles économiques et sociaux graves. On n’avait juste jamais essayé de le faire à l’échelle d’un continent.

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* La Tragédie de l'Euro, Philipp Bagus, Mises Institute, p.69

24 avril 2012

Marine Le Pen était la candidate du système

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Il est curieux d’entendre les commentateurs et analystes répéter en boucle que les 18% de Marine Le Pen seraient un vote protestataire. Bien au contraire, il semble que le programme du FN soit une excellente synthèse des brillantes idées défendues par l’ensemble de la classe politique durant toute cette campagne.

L’électeur de Marine Le Pen est de ce point de vue un « centriste » dans le sens où il souhaite réunir la droite et la gauche pour les faire travailler ensemble. Le « génie » de la Présidente du FN est qu’elle a su proposer un programme complet et cohérent pour supporter cette ambition. L’esprit de ce programme se résume en un principe fort simple : « Toujours plus d’Etat ».

·         Ce programme contenait les propositions phares de la campagne de Jean-Luc Mélenchon : lutte des classes, discours antilibéral, création monétaire pour financer l’explosion des dépenses publiques, augmentation artificielle des salaires par décret, retraite à 60 ans, création de nouvelles tranches d’imposition…

·         Ce programme contenait les propositions phares de la campagne de François Hollande : surtaxation des capitaux productifs, banque publique d’investissement, séparation des banques de dépôt et banques d’affaires, taxe sur les transactions financières…

·         Il contenait également les propositions phares de la campagne de François Bayrou : protectionnisme et produire français d’abord, banque publique d’investissement

·         Enfin, il contenait les propositions phares de la campagne de Nicolas Sarkozy : politique sécuritaire, lutte contre l’immigration, identité nationale, remise en cause de l’espace Schengen, régulation des activités financières…

Ainsi, si on observe les principales propositions des candidats FG, PS, Modem et UMP, on les retrouve quasiment toutes dans le programme de Marine Le Pen qui en réalise une parfaite synthèse. De cette façon,  toute la campagne a été une immense pub pour le programme du Front National.

Pas étonnant qu’au moment du choix, un certain nombre d’électeurs aient choisi le programme qui réunissait le plus d’arguments qu’ils avaient entendus les mois qui précédaient.

Qui sème l’Etat récolte le fascisme...

04 avril 2012

Ouf ! Grace au système financier, Mélenchon va pouvoir financer sa campagne

Les antilibéraux sont très forts en ce qui concerne la contradiction performative :

Besancenot se bat contre le capitalisme, les multinationales et la mondialisation, mais porte des Nike. Poutou est nourri chaque mois par le salaire que lui apporte Ford... Les exemples sont innombrables de ces gens qui se "battent" contre la société de consommation qui pourtant les nourrit et leur évite de travailler 12 heures par jour aux champs comme dans le passé pour seulement survivre.

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Le paroxysme vient d'être atteint avec l'emprunt bancaire d'1 million d'euros qui vient d'être contracté par le Front de Gauche pour amplifier la campagne de Mélenchon. Celui qui veut mettre à bas le système financier est bien content que celui-ci soit là pour lui financer sa campagne.

Quel culot !

Au final, c'est à la faveur d'un de ses projets (la campagne présidentielle) que Mélenchon se rend compte que parfois, pour réaliser ses rêves, les gens qui n'ont pas un salaire de sénateur comme lui ont besoin de capital. A moins qu'il juge que les projets des français soient moins importants que sa pauvre campagne, il devra bien admettre que le capital est nécessaire pour développer une économie basée sur les initiatives individuelles...

Mis face à leurs contradictions certains diront qu'ils n'ont pas le choix et qu'on est dans un "système" qui les "oblige" à acheter des produits des multinationales, à emprunter aux banques, à faire leurs courses dans la grande distribution... Cela n'a bien évidemment aucun fondement.

Personne n'empêche personne de produire des baskets sans faire de profits, au sein d'une magnifique fondation philantropique.

Personne n'oblige personne à déposer son argent à la banque, et à y emprunter.

Personne n'empêche personne de cultiver ses légumes dans son jardin et de boycotter la grande distribution.

Personne n'empêche ces gens de construire une société alternative entre eux. Mais non, ce qu'ils veulent en réalité, c'est l'imposer aux autres.

Le seul "système" qui nous "oblige" à vivre selon un certain mode de vie est celui qui nous force par la contrainte à nous assurer la santé auprès d'un organisme unique et monopolistique, à envoyer notre courrier que par une seule société publique monopolistique, à financer par l'impôt (en y mettant 56% de ce que nous produisons !) des projets qui ne nous concernent pas, que nous trouvons inefficaces ou même parfois qui nous déplaisent et que nous condamnons.

Austérité et relance : le fanatisme étatiste

Face à la crise de la dette, les gouvernements avaient deux solutions :

  • la relance par l'augmentation des dépenses publiques pour faire fonctionner l'économie à l'aide d'investissements d'Etat prélevés sur les capitaux privés par la fiscalité.
  • l'austérité qui consiste à diminuer les dépenses publiques pour ne pas écraser l'économie d'impôts et stopper la spirale de l'endettement public

Depuis 2008, chaque pays a choisi sa solution. Globalement, la zone euro a choisi la relance en faisant passer en moyenne la part de ses dépenses publiques de 46,0% en 2007 à 48,8% du PIB en 2012 avec un pic à 51,2% en 2009. Pourtant, des personnes malhonnêtes ont voulu faire croire que la zone euro était "étranglée" par l'austérité, en éspérant que ceux qui les écoutent n'iraient pas vérifier les chiffres de l'OCDE.

En France, le gouvernement français a fait

  • un plan de relance en 2008-2009 qui a fait augmenter les dépenses publiques de 3,4 points de PIB
  • quelques baisses minimes de dépenses en 2010-2011 qualifiées par l'opposition d'"austérité", faisant baisser les dépenses publiques de 0,5 points de PIB soit 7 fois moins que l'augmentation qu'elles avaient subi avec le plan de relance un an plus tôt !

Nous avons déjà vu la réaction larmoyante de Benoît Hamon nous annonçant la fin du monde à l'annonce de ces quelques économies. Il est intéressant de la comparer à la même réaction qu'avait eu le PS face au plan de relance.

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Pourtant, si la totalité des hommes politiques français souhaite/propose/instaure des hausses massives de dépenses publiques, assorties aux hausses d'impôts adéquates, les Français, eux, ne croient pas à cette solution. En majorité, ils n'ont pas le fanatisme de croire que la crise de la dette est due à trop peu de dépenses de l'Etat alors même que l'Etat dépense chaque année la majorité de ce qu'ils ont produit.

Dans un sondage international GlobeScan réalisé en 2010, on observe qu'une majorité écrasante de français estime que pour réduire la dette et les déficits, la solution la plus appropriée est de réduire les services publics. Très peu voient une hausse de la fiscalité comme une solution.

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Malheureusement, ces gens là (80% de la population) n'ont pas de candidat qui leur propose cette option...

01 avril 2012

Arrêtez de réfléchir ! Le Front de Gauche vous explique la dette

Clémentine Autain pour le Front de Gauche a publié il y a quelques mois son « analyse » de la crise de la dette des Etats dans un dessin animé appelé « La dette c’est chouette ».

Le ton y est condescendant, caractéristique des « intellectuels » d’extrême gauche qui viennent expliquer la vie aux français en leur parlant comme à des débiles. Infantiliser les « classes populaires » est la façon qu’ont ces gens de les respecter.

Cela permet également de développer des raisonnements simplistes où on trouve notamment :

·         un bouc-émissaire : « le riche », personnage indéfini et flou, qui a un chapeau et construit des châteaux avec des pièces d’or. Non ça n’est pas du tout caricatural et populiste… L’avantage c’est que quasiment personne ne peut se reconnaître dans cette caricature donc, à regarder cette vidéo, on a de très bonnes chances d’être dans le camp des « gentils » dans cette histoire.

·         une théorie du complot avec des « produits financiers complexes » aux arcanes labyrinthiques qui enrichiraient comme par miracle « le riche », sans qu’on sache vraiment comment sont apparues ces richesses. Si on fait l’hypothèse que la masse monétaire reste constante[1], l’enrichissement monétaire du riche à la sortie du labyrinthe miraculeux correspond soit à un transfert effectif de richesses réelles (biens matériels, services…) vers le riche, soit, contrairement à ce qu’affirme justement notre championne, à une création de ces richesses réelles issue de ses investissements. Mais ça, Clémentine Autain se garde bien de l’expliquer à son auditoire qu’elle considère comme trop stupide pour comprendre ces « produits financiers complexes ».

Enfin, ce petit dessin animé a un avantage considérable : il permet de déblatérer des mensonges à la pelle, sans avoir à en apporter la démonstration logique ou statistique, ce qui est  bien pratique. Florilège :

·         « on lui a baissé l’impôt sur les revenus du capital [au riche]»

Aucun des prélèvements obligatoires reposant sur les revenus du capital n’a été diminué. Au contraire, on a observé une augmentation massive (+34%) du prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) sur intérêts et dividendes passé de 28% en 2007 à 37,5% en 2012

·         « on lui a baissé l’impôt sur les hauts revenus »

C’est au contraire une nouvelle taxe sur les hauts revenus qui a été créée en 2011 et tout de suite augmentée en 2012.

·      « on lui a baissé l’impôt sur la fortune »

Là aussi c’est faux, les recettes fiscales issues de cet impôt sont passées de 1,697 milliards d’euros en 1998 à 4,460 milliards d’euros en 2010 soit une augmentation de la contribution des riches par cet impôt de 2,763 milliards d’euros.

·     « [L’Etat] supprime des postes d’infirmières, de professeurs, de policiers, de juges, d’assistantes sociales […] pour faire des économies »

Selon l’INSEE, les effectifs de la fonction publique n’ont pas cessé d’augmenter en France : ainsi, si on fait la somme des emplois dans les 3 fonctions publiques (Etat, hospitalière et territoriale), on observe une croissance ininterrompue :

fonctionnaires.PNG

Les « infirmières » que Mme Autain cite n’ont pas vraiment eu de postes supprimés. En réalité, leurs effectifs ont quasiment doublé en 10 ans !

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Si on regarde dans le détail, contrairement à ce qui est affirmé, les magistrats eux aussi ont vu leur population augmenter de 17,8% entre 2002 et 2011.

 ·     «  Grace à toutes ces mesures, on s’est dit que le riche allait faire bon usage de son argent et qu’il le réinvestirait pour créer plus de richesses. Eh ben non, le riche veut être encore plus riche. »

C’est tout à fait faux, historiquement, à chaque fois que « le riche » (qui, si on l’a bien compris englobe aussi les entreprises…?) a fait des profits, il l’a réinvesti et en a profité pour créer des emplois :

 

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Tous ces mensonges ont été développés pour manipuler les français et les pousser à demander une augmentation toujours plus forte de la taille de l’Etat. Pourtant, Clémentine Autain est servie avec la présidentielle : tous les candidats promettent de nouvelles interventions de l’Etat, à commencer par le président sortant, qui a fait augmenter les dépenses publiques de 4 points de PIB en 5 ans, les portant à 56% du PIB.

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[1] ce qui est faux, bien sûr, en raison de la création monétaire orchestrée par les Etats et leurs banques centrales… on est alors loin de la « crise du capitalisme »

19 mars 2012

Les petites théories de Mr Stiegler

Un certain Bernard Stiegler, présenté comme « philosophe » et Président de l’« Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l'esprit » (oui ça existe vraiment) a pondu un article publié sur le NouvelObs.com et intitulé « Faut-il sortir du libéralisme ? ».

 

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« Toute l'excellence de leur art consiste en un pompeux galimatias, en un spécieux babil » (Molière, Le Malade Imaginaire)

L’article se paie le luxe d’aligner de façon chaotique une série d’affirmations non documentées et non chiffrées dans une insupportable novlangue pseudo-intellectuelle où il s’empresse de déverser toute sa haine et son mépris pour les autres êtres humains dont il fustige « l’irresponsabilité, la dépendance et l’addiction » ainsi que la « toxicité mentale », rien que ça. Il accuse l’humanité entière d’être en situation d’ « incapacitation généralisée », trop stupide pour faire face à un complot  mondial tantôt de « la dogmatique néolibérale et libertarienne », tantôt de l’ « idéologie néoconservatrice », au choix. Voire carrément du  « néoconservatisme "néolibéral", ou "ultralibéral" ».

Il est très important de paraitre intellectuel pour faire vibrer une petite horde de « penseurs » d’extrême gauche. On doit donc expliquer le monde par une série d’implications complètement tirées par les cheveux, en plus ça fait peur de voir une chose en impliquer une autre qui en implique une autre, qui en implique une autre, etc… Jugez plutôt :

« En l’occurrence, il s’agit dans notre cas de la catastrophe économique qui résulte précisément des réactions en chaînes induites par une situation d’insolvabilité généralisée engendrée par le développement aveugle et illimité du consumérisme généralisé prescrit par la dogmatique néoconservatrice. »

La dialectique de Stiegler fait croire que le monde serait dominé par un tel complot qui nous imposerait par la force toute une série de choses. Ce monstre « prescrit », « impose », « détruit », « liquide », « soumet » à une logique, … sans qu’on sache vraiment de quelle façon il élimine d’autres choix, avec quelle armée. Stiegler veut faire croire que le libéralisme s’est imposé sans que nous n’ayons le choix, alors que personne n’est obligé de déposer son argent à la banque, personne n’est obligé de regarder des publicités, personne n’est obligé d’acheter des biens de consommation. Il se trouve que de nos jours, les gens supportent de moins en moins la famine et qu’ils ont trouvé un moyen facile, mais ô combien « consumériste » et « décapacitant », de se nourrir qui est d’aller dans un supermarché.

D’ailleurs Stiegler lui-même n’a jamais été empêché de dénoncer ce « dogme consumériste » comme il le souhaite et de penser différemment, c’est bien la preuve que rien ne nous est imposé. A moins que Stiegler soit effectivement supérieur au reste de l’humanité qui ne comprend rien et qu’il méprise tellement ! C’est seulement cette supériorité qui lui a permis d’échapper à l’addiction à laquelle le commun des mortels ne peut se soustraire. En dehors du fait qu’il publie dans un journal appartenant au groupe Lagardère, alors qu’il aurait pu le faire sur du papier recyclé qu’il aurait produit et diffusé lui-même, sans passer par un grand groupe financier néoconservateur consumériste toxique.

Dans le monde de Stiegler, «  la destruction de toutes les formes de puissances publiques a été engagée »,  selon lui, « la société consumériste, extrémisée par le néoconservatisme "néolibéral", ou "ultralibéral", a liquidé les puissances publiques ». Il va sans dire que notre champion se garde bien de nous présenter les courbes montrant une baisse généralisée des dépenses publiques dans les Etats de son pauvre petit monde tout triste. La réalité est que selon l’OCDE, les dépenses publiques totales de ses pays membres (qui sont les pays les plus soumis au consumérisme néoconservateur libertarien décapacitant et addictif) sont passées de 38,8% du PIB en 2000 à 43,3% en 2012.

Stiegler se plaint que « les institutions d’éducation étaient soumises à la même logique et se trouvaient dès lors dans l’impossibilité d’assumer leur mission première » sans dire que dans ces mêmes pays de l’OCDE, les dépenses publiques d’éducation ont augmenté partout (dans tous les pays sans exception) entre 1995 et 2007. En posant une base 100 en 2000, les dépenses publiques d’éducation dans l’OCDE étaient à 86 en 1995 et sont passées à 122 en 2007. Pourtant Stiegler nous explique que « les pouvoirs publics […] n’ont plus le droit d’accepter cette situation : leur lâche renoncement les discrédite ici plus gravement que jamais. »

Enfin, il y a « la généréalisation (sic) de l’incurie et de l’irresponsabilité dont chacun perçoit plus ou moins le caractère éminemment dangereux – et en particulier, les parents et les grands-parents ». Stiegler met à sa sauce le sentiment qui depuis la nuit des temps fait dire aux anciens que les plus jeunes n’ont plus de « savoir vivre » (le fameux « age d’or » où tout était si bien). Ah ! Les jeunes d’aujourd’hui, y a plus de saisons ma bonne dame. De notre temps, avec nos deux guerres mondiales, on avait plus de « savoir vivre ».

Heureusement, il y a une solution à tous ces drames :

« À cela, il y a évidemment une alternative, que je tente de théoriser et de contrétiser (sic) avec l’association Ars Industrialis. Ce que nous appelons l’économie de la contribution est une économie de la recapacitation et de la déprolétarisation généralisées – telles que les technologies numériques les rendent possible dans tous les domaines »

Bon, les technologies numériques, que ce soient les ordinateurs, les tablettes numériques, le web, les logiciels, ou que sais-je, ont été développées uniquement par des entreprises privées appartenant au complot consumériste décapacitant. En faire la base de son beau petit système qu’il souhaite imposer par la contrainte de l’Etat, c’est quand même légèrement gonflé ! Quoi ? Internet et la libéralisation de la connaissance qu’il apporte serait un élément d’émancipation des individus ? Problème…

Pour finir, notons que sa fabuleuse « Association internationale pour une politique industrielle des technologies de l'esprit » est sous perfusions de subventions publiques : en surfant sur le web, on trouve la trace au moins de 10 000 € en 2009 de la Région Ile-de-France10 000  € en 2010 de la Région Ile-de-France et aussi 25 000€ en 2011 de la part de la Région Centre pour la création d'une "école de philosophie" à Epineuil-le-Fleuriel qui semble faire 8 cours de 3h par an et un séminaire à l'attention de 12 étudiants étrangers... On parle bien de 25 000  € ! Tout de suite, les appels à l'augmentation de la dépense publique de Mr Stiegel prennent un sens plus concret...

08 mars 2012

Benoit Hamon se croit dans un enfer libéral

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Pauvre chaton, l'Etat et le modèle social français n'ont augmenté que de 4 points de PIB en 5 ans, c'est vraiment la fin du monde.

Horreur ! L'Etat ne dépense que 56% de ce que les français produisent ! Pleurons sur "la dépouille du modèle social français" !

05 mars 2012

Nous avons officiellement perdu tous nos droits

Très récemment, une déclaration du candidat socialiste François Hollande a fait le tour des médias, sans choquer personne outre mesure : "Le seul droit que nous avons dans une République quand nous voulons changer, c'est le droit de manifester".

Le favori des sondages dans le pays de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen vient de s'asseoir officiellement sur l'ensemble de ces droits naturels, sans que personne ne s'en émeuve.

Rappelons l'Article II de ce texte : "Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression."

François Hollande estime que nous sommes arrivés à une époque où il est temps de faire table rase de la sagesse et des grandes valeurs issues du siècle des Lumières pour les remplacer par sa "philosophie" de politicien. Finies la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression, le "seul droit" (sic) que nous avons, c'est de manifester.

La Déclaration évoque la manifestation comme une action possible, mais qui est contrainte par le respect des droits des autres : "Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi." (Article X)

A aucun moment, la manifestation, qui peut être dans certains cas considérée comme une application du droit à la "résistance à l'oppression", n'est censée être considérée comme le droit unique et absolu qui écrase les autres.

Il est vrai que dans les faits, Hollande et ses amis de la classe politique française contemporaine ne se sont pas gênés depuis bien longtemps pour piétiner ce droits et cette Déclaration :

Propriété ? On a celle que nous laisse l'Etat après avoir dépensé 56% de ce que nous avons produit.. Et encore, il ne faut pas en faire un usage qui sorte un peu trop de ce qu'on nous autorise dans des millions de lois et autorisations administratives.
Sûreté ? Résistance à l'oppression ? Après nous avoir désarmé et interdit de nous protéger seuls, tout dépend si la police publique monopolistique est disponible pour nous protéger et si l'agresseur n'est pas trop institutionnel..
Liberté ? Les interventions croissantes de l'Etat dans notre vie privée, nos modes de consommation, nos modes de vie, notre conscience politique et religieuse... montrent que les politiciens ne s'en soucient même plus.

Hollande franchit donc le pas et nous explique qu'au cas où on ne l'avait pas remarqué, tous ces droits n'existent plus. Nos droits ne nous viennent plus d'une façon naturelle, ils n'existent que dans les "luttes" et les manifestations collectives qui nous permettront de remporter en groupe des victoires contre d'autres groupes et, comme l'analysait Bastiat en son temps, "s'efforce[r] de vivre au dépens de tous les autres".

26 janvier 2012

Le Chiffre du jour : 670 milliards d'euros



spa0082garesaintlazaredu3.jpgEntre 630 et 670 milliards d'euros. C'est le montant, selon l'OCDE, des dépenses sociales faites chaque années par l'état français. Rapporté à chaque Français, cela correspond à 10 000 € par an, soit 833 € par mois !

Comment est-ce possible qu'avec tout ça, il y ait encore des pauvres en France ? Quand remettra-t-on en cause le dogme de la redistribution qui n'apporte pas la prospérité ? Comment osent-ils encore demander plus d'état providence ?

Le bilan de l'état providence et du "modèle social français" est calamiteux. Plus on fait de dépenses sociales, plus il y a de pauvres.

06 janvier 2012

Les leçons d'économie de Mr Bayrou

Hier soir sur France 3, dans l’émission Elysée 2012, la vraie campagne, les téléspectateurs ont pu assister médusés au spectacle d’un candidat en pleine réunion de travail avec son équipe, prendre le feutre et le tableau blanc et s’improviser économiste pour défendre son fameux et stupide « Acheter Français ».

 

Pendant deux minutes, il va se livrer à une accumulation d’imbécilités, de syllogismes, de sophismes, d’erreurs de calcul de base, de mauvaise foi, d’incohérences et d’approximations fausses.

 

 

Pour bien comprendre ce décryptage, visionnez la séquence ci dessus ou sur le site de France 3 c'est de 43:17 à 45:22 ou lisez la retranscription ci-dessous :

François BAYROU - J’ai entendu dire que les cartes vitales allaient être fabriquées en Inde. Arrêtons-nous une seconde sur cette idée. Je suis la Sécu. Je fais fabriquer mes cartes vitales en France. Et puis une décision tout à fait justifiée du point de vue du prix, peut-être que c’est peut-être -20%. Mais, moi Sécu, je devrais dire attendez, excusez-moi, dans cette carte vitale là [la française], la partie salaires (puisque c’est bien ça la différence avec l’Inde), mettons que ça fait 30% de la carte vitale, cette partie salaires, en réalité, elle revient à 50% dans les caisses de la Sécu. Et moi Sécu, je vais faire fabriquer en Inde quelque chose qui n’aura plus aucune participation ni à la fiscalité, ni à la solidarité, ni à l’emploi ! Ca veut dire qu’en réalité, la Sécu va payer ses cartes plus chères que si elle les avait fait fabriquer en France.

Jean ARTHUIS – Oui, mais François, s’il n’y avait pas les charges sociales sur les salaires, la tentation d’aller produire en Inde serait moins forte.

François BAYROU – Mais non ! Parce que tu ne peux pas y arriver, les salaires en Inde c’est au moins 10 fois moins qu’en France. Cher Jean, ça n’est pas en faisant la course à baisser les salaires qu’on va remporter cette élection.

Jean ARTHUIS – J’ai pas dit baisser les salaires, j’ai dit baisser les charges sur les salaires !

François BAYROU – Oui mais c’est pareil.

Jean ARTHUIS – Non ça n’est pas pareil !

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·         Tout d’abord, il est curieux que personne dans l’assistance n’aie remarqué que le raisonnement de François Bayrou est tout simplement mathématiquement faux ! Si on reprend exactement les chiffres du Président du Modem avec exactement le même raisonnement en imaginant que la Sécu achète 100 cartes vitales et que les françaises valent 1 € chacune :

1er cas : la Sécu achète Français :

- 100 € à l’achat

+ 50% (part des charges dans le salaire) de 30% (part du coup du travail dans le prix) de 100 € = +15 €

TOTAL : La Sécu a perdu  85 € dans l’opération

2e cas : la Sécu achète Indien :

- 80 € à l’achat (Bayrou fait l’hypothèse d’un différentiel de prix de 20%, on sait que celui-ci est en réalité plus élevé)

TOTAL : La Sécu a perdu 80 € dans l’opération

Ainsi, sans même avoir commencé à contester le raisonnement de François Bayrou ou les chiffres qu’il utilise, simplement en finissant sa démonstration (opportunément ?) arrêtée au milieu, on obtient un résultat qui montre que la Sécu est plus pauvre en achetant Français ! Voilà un ancien ministre de l’Education Nationale qui est incapable de faire un calcul simple sans se planter, entrainant dans sa chute toute sa démonstration…

·         François Bayrou n’a pas choisi l’exemple des cartes vitales par hasard : il sait très bien qu’il s’agit d’un cas exceptionnel qui lui permet de réaliser une généralisation hâtive. La Sécu n'est pas un consommateur comme les autres. En effet, contrairement à la Sécurité Sociale et aux charges sociales qu’elle prélève sur les salariés français, la plupart des consommateurs français n’utilisent pas la violence étatique pour extorquer contre leur volonté un pourcentage sur le salaire des ouvriers ayant participé à la production des objets et services qu’ils achètent. Prenez n’importe quel autre objet que la carte vitale et le raisonnement de Bayrou s’effondre !

·         Malgré la clarté de l’explication qui précède, la véritable entourloupe du raisonnement de Bayrou est toute autre : il fait un hors-sujet total ! En effet, au départ, François Bayrou veut tenter d’expliquer que son slogan « Achetez français » est bon pour la France et la société française (il se présente à l’élection présidentielle c’est bien normal), mais la conclusion de sa pseudo-démonstration est que la Sécurité Sociale y gagne. Pas les français !

Et c’est là que le bât blesse. Observons ce que l’achat de 100 cartes vitales par la Sécurité Sociale a fait évoluer en termes de biens matériels à la disposition du peuple français dans l’un et l’autre cas :

1er cas : la Sécu achète Français :

+100 cartes vitales pour le peuple français

2e cas : la Sécu achète Indien :

+100 cartes vitales pour le peuple français

+l’équivalent (en produits de consommation) du travail que les salariés français auraient exercé si ils avaient produit les cartes et qu'ils ont utilisé à faire autre chose (par exemple 100 cartes bancaires si il s’agit d’une usine de cartes à puces). Au lieu de produire des cartes vitales, ils ont produit autre chose.

Beaucoup de gens peinent à croire qu'il y a alors une opportunité de faire autre chose du point de vue du producteur. Mais mettons-nous maintenant à la place du consommateur. Celui-ci, en achetant le produit étranger moins cher, pourra utiliser ce qu'il a économisé pour acheter autre chose. N'est-ce pas là conciliable à grande échelle ?

François Bayrou fait l’erreur classique qui consiste à considérer le travail comme un but, alors que le travail n’est qu’un moyen inventé par l’homme pour se produire une abondance de biens matériels. Son attitude consiste à faire refuser à la France de profiter d’un bien matériel qu’elle peut obtenir avec moins d’effort (-20% selon lui) que si elle le produisait elle-même.

Si malgré tout, vous pensez qu’acheter moins cher (en faisant moins d’effort pour parvenir au même résultat) à l’étranger détruit des emplois, réfléchissez à ceci :

Au XIXe siècle, l’agriculture employait 75% de la population française qui travaillait plus de 60 heures par semaine et malgré tout, les famines étaient courantes. Après de nombreuses révolutions (révolution industrielle et exode rural, mécanisation de l’agriculture, révolution des nouvelles techniques agricoles…), l’agriculture n’emploie plus aujourd’hui que 4% de la population française qui travaille environ 40 heures par semaine, et nous ne connaissons plus la famine. Les dizaines de millions d’emplois qui ont été détruits parce qu’on a préféré obtenir les mêmes produits avec moins d’efforts n’ont créé ni un taux de chômage à 70% (les français ont fait autre chose), ni une pénurie de biens agricoles (bien au contraire), ni un appauvrissement de la population française.

·         Revenons à notre grande démonstration du Professeur Bayrou : on peut s’étonner que celui-ci évalue le différentiel de prix à -20% et 1 minute plus tard nous explique que les salaires sont 10 fois moins élevés en Inde qu’en France ! En prenant les chiffres de Bayrou comme quoi les salaires constituent 30% du prix, des salaires 10 fois moindres font chuter le prix Indien à 63% du prix français, soit -37% au lieu des -20% annoncés ! C’est-à-dire qu’en ne prenant QUE des chiffres avancés par Bayrou, on trouve près du double de ce qu’il avait affirmé une minute plus tôt !  Ses propres chiffres se contredisent. Evidemment, comme tout coûte moins cher en Inde (usines, impôts sur les sociétés, matières premières…), il est probable que le différentiel soit encore plus grand.

·         On notera également que pour Bayrou « Baisser les charges sociales c’est pareil que baisser les salaires ». Je ne ferai pas l’affront au lecteur de lui démontrer la stupidité de cette phrase, je me contenterai de proposer à François Bayrou d’être cohérent de multiplier par 100 les charges sociales de façon à augmenter ainsi le salaire des français !

·         Quand Bayrou dit que ce qu’on achète n’aura plus aucune participation à la fiscalité, il oublie peut-être la TVA (19,6% du prix).

 Pour finir, donnons la parole au directeur de la fameuse usine française qui a perdu le marché en question : « Nous fabriquons la carte Vitale en sous-traitance pour la société Gemalto. Le marché courait jusqu'à 2011 et un nouvel appel d'offres est lancé. Nous ignorons à ce jour si Gemalto réussira à le décrocher mais, quoi qu'il en soit, ce n'est pas cela qui risque de déstabiliser l'entreprise. [...] C'est pour nous un micromarché. Il représente 0,4 % de notre chiffre d'affaires. [...] Nous sommes sur la piste d'autres marchés publics et ils pourraient bien être remis en cause si cette rumeur venait à compromettre notre crédibilité ». (Sud-Ouest, 21 décembre 2011)

Ainsi donc, la minable récupération de l’histoire faite par François Bayrou n’aura finalement contribué… qu’à discréditer l’usine française et menacer les emplois français de cette société française.

26 décembre 2011

2012 : Les français auront le choix entre protectionnisme... et protectionnisme !

Une démocratie est censé être un système où les citoyens peuvent choisir entre plusieurs projets pour l'avenir de leur pays.

En France, des partis de gouvernement aux partis prétenduement "anti-système", démocratie signifie chorale étatiste et tout le monde chante en coeur !

Illustration avec les programmes de nos chers candidats sur les échanges internationaux :

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"Nous devons créer une taxe réciprocité pour corriger la concurrence déloyale de la part de pays n’ayant pas les mêmes normes sociales, environnementales et économiques" (Argumentaire UMP - décembre 2011)

 

 

 

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"Pour protéger les intérêts de l’Europe, de ses savoir-faire et de ses salariés dans la mondialisation, pour mieux réguler le commerce, nous agirons pour augmenter les droits de douanes sur les produits provenant de pays ne respectant pas les normes internationales en matière sociale, sanitaire ou environnementale." (Projet PS)

 

 

 

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"Mise en place de protections intelligentes aux frontières face à la concurrence internationale déloyale (droits de douane ciblés et quotas d’importation), c’est-à-dire vis-à-vis des pays qui nous concurrencent de façon déloyale (par exemple la Chine ou certains pays d’Europe de l’Est, mais non les pays de niveau économique, social et environnemental comparable comme l’Allemagne ou les Etats-Unis)." (Projet FN)

 

 

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 "Le maintien d’une agriculture viable passe en outre par notre capacité à s’assurer dans les accords commerciaux d’une plus grande réciprocité notamment en termes de normes, pour assurer une concurrence loyale avec nos concurrents." (Site du Modem - Article sur la Réforme de la PAC - 18 novembre 2010)

 

 

 

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"La ré-industrialisation de nos territoires est une nécessité pour lutter à la fois contre le changement climatique, la mise en concurrence internationale de salariés aux conditions de vie très différentes et le dumping social et environnemental pratiqué par certains pays" (Programme Europe Ecologie Les Verts)

22 décembre 2011

François Bayrou libéral?

Suite à un commentaire savoureux d'un supporter de François Bayrou, je mets à jour ce billet pour vous conter (en fin d'article) les exploits passés du député et ministre Bayrou en terme de réduction de la dette.

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« Le modèle libéral est un modèle matérialiste. C'est un modèle qui accepte et même qui recherche et qui justifie la marchandisation de la vie humaine, de la conception jusqu'à la mort. […] Pour nous, pour la France et pour l'Europe, nous n'acceptons pas ce modèle matérialiste. »


François Bayrou, 2 Septembre 2001

 

-François Bayrou est favorable à la Taxe Tobin, reprenant ainsi la principale proposition de l'organisation néo-marxiste ATTAC. Il s'en vante même : « J'ai proposé une taxe Tobin sociale, et j'étais tout seul à le faire ».

 

-Il est un farouche partisan du Pacte écologique de Mr Hulot et de son cortège de taxes en tout genres dont  « une taxe carbone établie de façon progressive sur dix à quinze ans », mesure propre à entrainer « un doublement des prix des carburants d'ici à 2050 » selon Le Monde. Même le très démagogique et très inutile poste de Vice-Premier ministre de l'Environnement trouve grâce à ses yeux : « J’approuve son idée de création d’un poste de vice-premier ministre ».

 

-Cleptocrate revendiqué, Bayrou propose en outre une « hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) » et une « TVA sociale », mesure qualifiée d' « alchimie » par Alain Madelin qui voit là l'utilisation de la TVA comme un droit de douane qui sera payé au final par le consommateur.

 

-François Bayrou est opposé à l'ouverture des magasins le Dimanche pour des raisons idéologiques de lutte contre « la consommation et l’argent »... 

 

-Bayrou a une vision sécuritaire de l'immigration : opposé à la libre-circulation des personnes, il est partisan des reconduites à la frontière : « Si un immigré n’est pas admis, il doit être reconduit, reconduit le plus vite possible ».

 

-Il est favorable à un service civique obligatoire (ou plutôt contraint) visant à forcer les jeunes à perdre six mois de leur vie dans des actions diverses...

 

-François Bayrou n'échappe pas à l'obsession altermondialiste de contrôler l'échange et le commerce. Il souhaite s'intéresser « aux régulations, aux précautions à prendre, devant les évolutions débridées, inquiétantes pour beaucoup, du capitalisme financier » sans toutefois préciser de quelles évolutions débridées il s'agit : la baisse du pourcentage d'êtres humains sous le seuil de pauvreté de 38% en 1970 à 19% en 2000 ou la baisse du chômage dans les pays de l'OCDE de 8,2% en 1984 à 5,8% en 2007 ? Mystère.

 

-Le protectionnisme fait aussi partie de son vocabulaire : il souhaite permettre à la France de « sauver son agriculture, son tissu agricole [...] par les protections nécessaires ».

 

-Bayrou est opposé à la concurrence fiscale entre pays européens. Son objectif est au contraire  de « pousser à l'harmonisation des politiques fiscales, empêcher la course au moins-disant fiscal » dans le but d'aboutir à un très inquiétant « impôt européen ».

 

-Les quelques propositions libérales qu'il fait sont bien peu crédibles. La proposition de François Bayrou d' « inscrire dans la Constitution l’interdiction pour un gouvernement de présenter un budget en déficit de fonctionnement » peut paraître séduisante pour les libéraux. Sauf qu'une telle proposition de loi a déjà été déposée par Michel Hunaut, Député de Loire-Atlantique le 1er août 2005. Cette proposition proposait d'inscrire dans la loi l'obligation d'atteindre un équilibre budgétaire qui constituerait « un équilibre strict des ressources et des charges budgétaires définitives, hors charges d’investissement ». Mais cette loi a été refusée et François Bayrou ne l'a pas votée !

 

 -Le 3 avril 2007, il se déclare « plus à gauche » que les socialistes. Il a déclaré : « c'est le parti qui a fait de fait le plus de privatisations, qui a laissé déraper le déficit et la dette, qui a laissé partir les services publics, qui a donné un mandat de gestion à Lagardère chez Airbus et qui a conduit à la situation où nous sommes ». « J'étais tout seul pour défendre à l'Assemblée l'ASS (allocation spécifique de solidarité) et pour lutter contre la privatisation des autoroutes », a-t-il insisté, rappelant avoir voté la motion de censure déposée par le PS en 2006.

-François Bayrou se pose aujourd'hui en héraut de la lutte contre la dette et les dépenses publiques et il ne se dérange pas de nous dire "Je vous l'avait bien dit !". Un petit retour sur son action de député et de ministre en la matière s'impose, à l'issue duquel chacun sera libre de juger si il mérite de devenir le prochain Président ou si il se moque ouvertement du monde avec un culot incroyable.

 François Bayrou a voté :

  • POUR le budget de 1987 en déficit de 24 milliards d'euros
  • POUR le budget de 1988 en déficit de 19 milliards d'euros
  • POUR le budget de 2003 en déficit de 65 milliards d'euros
  • POUR le budget de 2004 en déficit de 60 milliards d'euros

Il a été l'un des plus importants ministres du gouvernement qui a construit et soutenu :

  • le budget de 1994 en déficit de 60 milliards d'euros
  • le budget de 1995 en déficit de 65 milliards d'euros
  • le budget de 1996 en déficit de 50 milliards d'euros
  • le budget de 1997 en déficit de 40 milliards d'euros

(francs convertis et réajustés)

Il est à noter que le Ministère dont il est en charge de 1993 à 1997 voit ses dépenses exploser sous l'ère Bayrou :

  • 1994 : 292 milliards de francs (+3,7%)
  • 1995 : 304 milliards de francs (+3,9%)
  • 1996 : 318 milliards de francs (+4,4%)
  • 1997 : 324 milliards de francs (+1,9%)

François Bayrou est d'ailleurs à l'époque l'un des plus mauvais élèves des gouvernements auxquels il appartient. Encore plus que ses collègues ministres, le ministre Bayrou se fout du déficit et de l'endettement comme de l'an 40 :

 

udf,bayrou,libéralisme,libéral, dette, deficit

-En tant que député, outre le fait d'avoir voté et soutenu un grand nombre de budgets en déficit, il a refusé de voter plusieurs lois visant à réduire l'endettement et les déficits :

12 juillet 2011

Arnaud Montebourg : Avec la mondialisation, chinois, indiens et argentins "n’ont d’autre choix que d’accepter des rémunérations trop basses pour vivre"

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L'approche des élections de 2012 fait apparaitre opportunément de nouvelles vocations antilibérales et antimondialistes. Oui, on a peine à croire que ce mot existât encore. Alors que ça fait belle lurette qu'on n'avait plus entendu parler des "antimondialistes", brièvement reconvertis en "altermondialistes", puis en plus rien. José Bové lui-même s'étant habitué aux fastes des palais européens et aux tapis rouges que lui offrent désormais son nouveau siège de député européen. Pour les vrais fainéants, la politique est quand même plus confortable que la prison.

Et paf ! Voilà Montebourg qui débarque avec sa démondialisation !

On l'écoute étaler sa belle petite science : «Offrant de formidables opportunités à certains, elle s’est bien souvent résumée pour tous les autres à une mise en concurrence sans limite et sans scrupule des salariés, des entrepreneurs, des agriculteurs et de tous ceux qui ont été placés en compétition avec des travailleurs chinois, des ingénieurs indiens, et des paysans argentins, alors que ces derniers n’ont d’autre choix que d’accepter des rémunérations trop basses pour vivre.»

Oups ! Montebourg aurait peut-être dû lire le Rapport mondial sur le développement humain 2010 publié par le Programme des Nations-Unis pour le Développement. Il aurait vu que le revenu dans les pays en voie de développement a augmenté de 184% entre 1970 et 2010 dont 89% rien qu'entre 1990 et 2010. Puisque Mr Montebourg cite chinois et indiens, nous ne manquerons pas de lui indiquer que pour la seule zone Asie de l'Est-Pacifique, le revenu a augmenté de 1183% entre 1970 et 2010 et 352% entre 1990 et 2010.

Et voilà notre piteux Arnaud qui se lamente sur les salaires des pauvres chinois, alors même que la Chine est le pays au monde qui a vu les revenus de son peuple le plus s'améliorer ces 4 dernières décennies !

Le PNUD ajoute«En Inde et en Chine, par exemple, le nombre d’individus vivant dans une pauvreté extrême a diminué d’environ 455 millions entre 1990 et 2005, et quelque 320 millions de plus devraient rejoindre leurs rangs d’ici à 2015.»

 

La vérité est qu'Arnaud Montebourg n'en a rien à faire des chinois, indiens et argentins. Il prendrait un grand plaisir à les voir retourner dans la pauvreté dans laquelle ils étaient avant la mondialisation. Et ça, c'est criminel.

17 août 2008

Michel Barnier : les tremblements de terre sont des conséquences du réchauffement climatique

 

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En matière d'inculture, on savait les politiciens parmi les meilleurs. Mais l'intervention du ministre de l'Agriculture et de la Pêche Michel Barnier sur RMC chez Bourdin (décidément une valeur sure en matière de propagation massive d'imbécillités...) démontre que nous avions largement sous-estimé ce phénomène.

Samedi 16 août, 8h35, Jean-Jacques Bourdin accueille Michel Barnier, le présentant, en plus de ses fonctions ministérielles, comme « passionné par la défense de l’environnement ». Très vite, le sempiternel débat sur la pollution en Chine est abordé avec la condescendance habituelle qu’ont journalistes et politiciens français à l’égard des peuples des pays en voie de développement. Dialogue.
podcast(On peut l'écouter ici en mp3, c'est à la 18e minute)

« BOURDIN : Vous êtes ici à Pékin, est-ce que vous trouvez que les Chinois ont fait suffisamment d’effort pour défendre notre environnement commun à toute la planète ?

BARNIER : Tout ce que je vois dans l’action du gouvernement chinois avec cette proportion immense d’un pays géographiquement considérable et avec une population de plus d’un milliard et demi d’habitants qui se développe, qui a besoin de se développer, qui a besoin de faire des transports, des usines, c’est que ils ont compris depuis quelques années qu’ils étaient aussi concernés par les conséquences du réchauffement climatique qui est la menace la plus globale et la plus grave pour nous tous. Ils prennent leur part mais quelques fois ils nous disent « Vous, les pays développés, vous nous dites de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, vous avez développé vos émissions sans vergogne pendant des dizaines d’années pour reconstruire au lendemain de la deuxième guerre mondiale et nous vous voulez nous empêcher de le faire » donc ça veut dire des transferts d’ectologie, ça veut dire sans doute des situations plus particulières pour eux mais globalement je crois qu’ils sont dans ce challenge de relever le défi climatique, ça les concerne directement, on voit bien d’ailleurs des conséquences : des inondations extrêmement graves, des tremblements de terre… on voit bien toutes les conséquences du dérèglement climatique qui les concerne avec toujours en Chine une proportion grave puisqu’il y a beaucoup plus de gens…

BOURDIN : Hum Hum Bien. »

Michel Barnier pense donc que les tremblements de terre sont des phénomènes climatiques et non géologiques ? Et que ce sont des conséquences d’un prétendu "dérèglement climatique" ? Heureusement qu’il est un "passionné par la défense de l’environnement", sinon qu’est-ce qu’il aurait inventé !

La théorie du réchauffement climatique permet aux hommes politiques, en racontant les pires absurdités, d’accroître leurs pouvoirs, leurs interventions dans notre vie et notre propriété, leurs taxes. Leur incompétence au sujet du soit disant "dérèglement climatique" n’a d’égale que la stupidité et la dangerosité des moyens qu’ils mettent en œuvre pour lutter contre. Protocole de Kyoto (dont les coûts atteignent déjà plus de 420 milliards d’euros), bonus-malus automobile (pas rentable et qui coûte donc déjà 130 millions d’euros aux contribuables, même ceux qui n’ont pas de voiture !), taxe carbone… autant d’agressions étatiques à nos modes de vie, notre propriété et notre liberté. Comment peut-on accepter de les sacrifier au profit de politiciens aussi médiocres et irrationnels que Mr Barnier ? Comment a-t-on pu arriver dans cette situation où la peur des tremblements de terre nous fasse renoncer à tout ce qui nous est cher simplement parce que des charlatans simplets nous font croire qu’ils vont régler ce problème ?

Monsieur Barnier est heureux. Bientôt, la taxe carbone sera instaurée et il n’aura plus peur, non plus jamais, du haut de son bureau au ministère, des tremblements de terre et autres éruptions volcaniques.

06 août 2008

La Chine et le "capitalisme sauvage"

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Surprise ce matin sur RMC où on pouvait entendre dans l'indifférence générale que la Chine se trouvait dans une situation de "capitalisme sauvage" selon les mots du présentateur Jean-Jacques Bourdin. Quelques remarques quand même :

1) L'utilisation du capitalisme dans ce contexte désigne clairement le libéralisme économique et, à l'heure où on nous parle matin, midi et soir du manque de libertés politiques en Chine, le message subliminal de ce genre d'expressions est : "le libéralisme économique et le libéralisme politique sont deux entités totalement séparées, sans aucun rapport entre elles et il est parfaitement possible qu'un pays soit sous le règne du libéralisme économique et pas du libéralisme politique". Vieux mythe gauchiste qui démontre une mauvaise foi évidente : en effet, comment faire des affaires, créer une entreprise, échanger librement lorsqu'on risque de se faire arrêter à chaque coin de rue par la police politique, pour des raisons fondées ou infondées ? Les libertés politiques sont évidemment nécessaires pour créer l'environnement approprié à une véritable économie libre.

2) Répondant à la question de Jean-Jacques Bourdin, le pseudo-expert de service s'offre le luxe de préciser que le "capitalisme sauvage" constitue la suppression de toutes les entraves à la liberté de l'économie. C'est en effet la suppression des entraves fiscales, administratives et légales qui permettent de rétablir des libertés telles que le droit de propriété, la liberté d'échanger, la liberté de contrat volontaire, libertés qui sont les corollaires immédiates de la principale liberté qu'est le droit à la vie, fondement des Droits de l'Homme. Ainsi, selon Bourdin et sa clique, la défense des Droits de l'Homme serait un acte "sauvage". En suivant sa logique, on pourrait alors conclure que les pays qui respectent le plus les libertés politiques (la plupart des pays occidentaux notamment) vivent donc sous le joug d'un "libéralisme politique sauvage".

3)La Chine n'est pas le pays du "capitalisme sauvage" dans la mesure où les échanges et initiatives économiques sont loin d'être "sans entraves" en Chine. Pour s'en assurer, on consultera l'éternellement utile Index of Economic Freedom 2008 pour constater que la Chine se trouve en 126e place sur 157 en matière de liberté économique, parmi les derniers du groupe de pays jugés "plutôt non libre".

En détail, on apprend, entre autres, que :

-Obtenir un permis pour créer une entreprise requiert 19 procédures et 234 jours de démarches.

-Les revenus sont imposés jusqu'à 45%.

-L'investissement étranger n'est autorisé que dans certains secteurs. La corruption, le manque de transparence et l'interventionnisme étatique sont très élevés.

-Le secteur bancaire est majoritairement public.

-Le droit de propriété n'existe pas : le pays entier appartient à l'Etat. Seule une loi récente autorise une sorte de"bail" des terres par le privé, mais dans des conditions de régulations draconiennes. La propriété intellectuelle n'est pas garantie et les brevets sont souvent volés.

-Le droit du travail est très restrictif, notamment à l'embauche.

-Le contrôle étatique sur les échanges est important et les barrières douanières restent élevées.

Plutôt qu'un "capitalisme sauvage" en Chine, on a en réalité une "économie sauvagement muselée"...

4) Jean-Jacques Bourdin n'en est pas à son premier exploit en matière d'intoxication de l'opinion publique. Sa soit-disant neutralité qui se veut être couplée à des prises de positions concrètes l'amène régulièrement, dans le stérile débat droite/gauche à appliquer un principe révolutionnairement nouveau dans le journalisme : celui du "tout le monde a raison de la droite à l'ultragauche", acquiesçant à chacune des idées les plus stupides imaginées par les étatistes quels qu'ils soient. Une stratégie qu'il n'applique apparemment pas dans le débat libéraux/antilibéraux, prenant cette fois-ci clairement la défense des plus radicaux idéologues de l'antilibéralisme. Cette émission est un concentré de la bêtise du débat politique français et j'invite mes lecteurs à la boycotter.

25 août 2007

Si Marx le dit...

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Les marxistes devraient relir Marx...

Notre jeune facteur marxiste Olivier Besancenot avait-il lu Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte de Karl Marx avant de proposer dans son programme des "embauches massives dans la fonction publique" ? On en doute. Extraits de la bonne parole marxiste :

« On comprend immédiatement que dans un pays comme la France, où le pouvoir exécutif dispose d’une armée de fonctionnaires de plus d’un demi million d’individus et, par conséquent, maintient constamment une masse énorme d’intérêts et d’existences dans la dépendance la plus absolue, où l’Etat enserre, contrôle, réglemente, surveille et tient sous sa tutelle la société civile, depuis ses manifestations vitales les plus étendues, depuis ses modes d’existence les plus généraux jusqu’à la vie privée des individus, […] on comprend que dans un tel pays, l’Assemblée Nationale, en perdant la disposition des postes ministériels, perdait toute influence réelle à moins de simplifier en même temps l’administration publique, de réduire au maximum l’armée des fonctionnaires et de permettre enfin à la société civile de créer leurs propres organes, indépendants du pouvoir gouvernemental. »

« L’impôt, c’est la source de vie de la bureaucratie, de l’armée, du clergé et de la cour, bref de tout l’appareil exécutif. Gouvernement fort et impôts lourds sont identiques. »

Vous ne rêvez pas, c'est bien Karl Marx qui a écrit cela ! 

12 mai 2007

La France est le pays le moins libéral d'Europe

Après le classement de la Fondation Heritage, encore un indicateur qui indique que notre pays est parmi les pays développés les moins libéraux. La Banque Barclays Capital a établi un indicateur de libéralisme économique qui positionne les pays sur une échelle de -4 à +4. La France est en tout dernière place parmi les pays d'Europe avec un score de -1,5. A titre de comparaison, l'Italie obtient un score de -0,7, l'Allemagne à 0 et le Royaume-Uni à +1,8.

Autre élément intéressant de l'étude : le Président de la République Nicolas Sarkozy obtient une assez bonne note (+1,4). Selon la Banque, si celui-ci applique son programme, le score de la France resterait négatif, mais passerait de -1,5 à -0,1...


Monsieur Sarkozy n'a donc pas d'autre choix que d'appliquer les trop peu nombreuses réformes libérales de son programme si il veut "démarginaliser" notre pays qui est à la déroute aussi bien socialement qu'économiquement.  Le bouclier fiscal à 50%, la suppression des droits de succession, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, la création d'un contrat de travail plus souple en matière de licenciement économique, la défiscalisation des emplois de services à la personne, la réduction des prélèvements obligatoires de 4% du PIB, la suppression de la carte scolaire, le service minimum dans les transports publics, la suppression des organismes inutiles, l'augmentation de la productivité des services publics et la suppression des régimes spéciaux... toutes ces mesures qui figurent dans son programme ne peuvent pas être abandonnés comme l'a fait Jacques Chirac en son temps.

24 mars 2007

La mondialisation : "globalisation de la pauvreté" ?

Le mouvement altermondialiste a compilé ses revendications dans l'"appel de Porto Allegre", un texte rédigé à l'occasion du Forum Social Mondial de 2001 et signé par une brochette d'associations, de syndicats et groupes dont la plupart sont sous perfusion d'argent public. Entre autres mensonges, on note que la mondialisation a entrainé une « globalisation de la pauvreté ».

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 La pauvreté a-t-elle augmenté avec la mondialisation ?

  •  Les chiffres officiels (Banque Mondiale, PNUD...)

Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement, la proportion d'êtres humains en dessous du seuil de pauvreté à 1$ /jour a chuté de 38% en 1970 à 19% en 2000. Cela signifie que le monde compte aujourd'hui 200 millions de pauvres en moins qu'il y a 30 ans alors même que la population mondiale a explosé de 1,5 milliards d'habitants !

Pour mieux appréhender la vitesse de ce phénomène, on notera que la FAO évalue à 6 millions le nombre d'hommes qui quittent la pauvreté chaque année : cela équivaut à 1 toutes les 5 secondes.

De la même façon, le seuil de pauvreté à 2$ /jour, employé par la Banque Mondiale, indique également une chute de la pauvreté. Avec 67% de la population sous ce seuil en 1981 contre 50% en 2002, on observe une baisse de la pauvreté de 17 points.

  •  Les chiffres de Xavier Sala-i-Martin

Xavier Sala-i-Martin, professeur d'Economie à l'Université Columbia (New York) est l'un des économistes les plus cités de la planète. Il conteste les chiffres de la Banque Mondiale et du PNUD. En effet, ces chiffres ne tiennent pas compte de la différence de population entre les pays, ce qui entraine les instances officielles à donner un même poids à un pays comme la Chine et un pays comme le Zimbabwe dans leurs comptes. Xavier Sala-i-Martin a proposé d'établir une répartition des revenus pour chaque pays et de pondérer ces pays en fonction de leur population afin d'établir une nouvelle distribution mondiale des revenus.

A partir de là, il a prouvé que les inégalités entre êtres humains diminuaient (comme vu précédemment), mais aussi, ses conclusions sur la pauvreté sont encore plus optimistes que celles du PNUD !

Xavier Sala-i-Martin a observé l'évolution de la pauvreté avec l'ensemble des indicateurs de pauvreté monétaires :

-Le nombre de personnes vivant avec moins de 1$ /jour est passé de 15,4% en 1970 à 5,7% en 2000 ce qui signifie que plus de 200 millions d'êtres humains ont quitté la pauvreté alors que la population augmentait de 2 milliards !

-De la même façon en ce qui concerne le seuil de pauvreté à 1,5$ /jour, la pauvreté a diminué de 300 millions, passant de 700 millions à 400 millions soit une baisse relative de 20% à 7% entre 1970 à 2000...

-En ce qui concerne le seuil de pauvreté à 2$ /jour, le pourcentage de pauvres passe de 30% à 11%, ce qui signifie la sortie de plus de 400 millions de personnes de la pauvreté selon cette définition (de 1 milliard à 600 millions !)

-Le seuil de pauvreté à 3$ /jour est passé de 47% à 21% en trente ans.

10 mars 2007

Délocalisations : démagogie et ignorance

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« La France qui souffre, c’est la France des salariés de l’industrie qui vivent dans la hantise des délocalisations, des cadres qui redoutent à 50 ans de faire les frais de la prochaine réorganisation et de ne plus avoir de place dans l'économie et la société » Nicolas Sarkozy

« Les pays à haut niveau de protection sociale sont menacés par le vaste mouvement de délocalisations » François Bayrou

« Il faut taxer les entreprises qui délocalisent les emplois et taxer leurs produits lorsqu'ils les réimportent. C'est urgent car le tissu industriel est en train de disparaître, les marques sont en train de nous être volées parce qu'il n'y a pas de limite juridique, pas d'interdiction » Ségolène Royal

Une usine qui délocalise passe au 20h de TF1. Une entreprise qui se crée ne passe nulle part.

D’où l’impression générale chez les Français d’une situation de délocalisation intensive, et la peur qui en découle.
Cette peur, qui est le fond de commerce des hommes politiques, leur permet de justifier l’intervention de l’Etat (et donc de justifier leur propre existence). Les promesses les plus démagogiques (et les plus stupides) se succèdent de droite à gauche, doublées d’un discours compassionnel hypocrite qui assoit la peur dans les esprits. Aucun de ces carriéristes ne cherche à dire la vérité aux Français, à leur expliquer la situation réelle des délocalisations en France et en Europe avec pédagogie. Ils ont tous bien compris que la montée de l’hystérie collective était une magnifique opportunité dans leur recherche du pouvoir.

Or, la réalité est toute autre que les discours larmoyants de nos éternelles bonnes consciences.
 
Selon le rapport "Délocalisations, désindustrialisation" du Conseil d’Analyse Economique, les restructurations d’entreprises s’étant produites en Europe entre le 1er Janvier 2002 et le 15 juillet 2004 concernent 1456 entreprises et ont entraîné la suppression de 780 394 emplois, ce qui correspond à 0,42% des 192 millions emplois européens. Ramené à 1 an, on obtient un taux de 0,17%. Chaque année, c’est donc 0,17% des emplois européens qui disparaissent dans des restructurations.

Mais les délocalisations ne représentent, selon le rapport, que 4,74% des emplois supprimés (36 977) pour restructuration et 7,14% (100) des entreprises restructurées. En terme d’emploi, cela correspond donc en deux ans et demi à 36 977 suppressions donc 0,019% de la totalité des emplois européens. Rapporté à 1 ans, on obtient un taux de 0,0076%. Chaque année, c’est donc 0,0076% des emplois européens qui disparaissent dans des délocalisations.

Au niveau de la France, les 8 000 suppressions d’emplois survenues en 2001 suite à des fermetures d’unités de productions correspondent à 0,032% des 25 millions d’emplois français.

Si individuellement et ponctuellement, de tels licenciements peuvent être des drames pour ceux qui les subissent, les délocalisations restent donc un phénomène totalement insignifiant. Le Rapport réalisé par la Commission des affaires économiques du Sénat confirme cette tendance : « Contrairement aux affirmations les plus courantes, il n'existe pas de mouvement de délocalisations massives de nos industries de main d'œuvre ». « Il existe à l'évidence des délocalisations d'entreprises et d'activités. Mais ni leur nombre, ni la place qu'elles semblent occuper dans la réalité des mutations industrielles ne correspondent à l'image qu'on s'en fait ».

Au contraire, les délocalisations ont beaucoup d’avantages indirects : la baisse des prix qu’elles entraînent est bénéfique pour les consommateurs français et donc leur permet d’augmenter leur consommation et de donc d’augmenter l’activité des entreprises… et les créations d’emplois. De la même façon, la baisse des prix permet aux entreprises de produire à partir de matériaux moins cher, donc de plus produire et de créer plus d’emplois. Enfin, le rapport "Délocalisations, désindustrilation" constate que « Les firmes ayant adopté une stratégie globale obtiennent de meilleures performances ». Par conséquent, les entreprises françaises qui délocalisent deviennent meilleures et ont donc la capacité d’étendre leur activité et de créer de nouveaux emplois.

Lorsque les candidats à l’élection présidentielle française développent des idées imbéciles comme l’interdiction (ou la mise en place d'un moratoire) des délocalisations (Besancenot, Buffet, Laguiller, Bové ...), ils combattent en réalité des fantômes et menacent au contraire la création de nombreux emplois indirects.

Lorsque Ségolène Royal propose de jeter 300 millions d’euros sur le problème "délocalisation"  pour tenter de sauver 0,032% des emplois français, on a de quoi s'inquiéter sur sa façon de régler les problèmes et on comprend toute l’étendue de la menace de son élection.

04 mars 2007

Vite ! L'Afrique a besoin de libéralisme !

 « Une des choses que j’ai apprises de l’Arique est le rôle crucial que le commerce va jouer pour sortir ses habitants de l’extrême-pauvreté. » Bono

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A l'heure où l'Afrique se trouve dans une situation économique, politique, médicale et humanitaire très difficile, les candidats à l'élection présidentielle française balaient la question de la main en employant le terme de "codéveloppement", un concept mystérieux probablement sorti tout droit d'une imagination énarque, mais qui rencontre un immense succés chez Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Jean-Marie Le Pen, Philippe de Villiers, Marie-George Buffet (cliquez sur le nom des candidats pour retrouver leurs déclarations sur ce sujet) et bien d'autres. Qu'on se le dise, avec le nouveau président, on aura un "véritable codéveloppement" ! Dernière trouvaille sémantique de nos chers politiques, le "codéveloppement", absent du dictionnaire, n'en est pas moins un prétexte pour cacher qu'ils n'en ont que faire de l'Afrique et de ses problèmes lointains tout en se donnant bonne conscience. Non menacé par un échec électoral quelconque, le Président Jacques Chirac dit tout haut ce que les prétendants à sa succession pensent tout bas en accusant ouvertement le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson de vouloir « reculer devant [...] les pays émergents ».

Car c'est bien l'enjeu de la guerre protectionniste lancée par la classe politique (notamment française) : lutter contre les pays émergents qui tentent (les rustres!) de se développer en nous vendant leurs produits.

Le pseudo Tiers-Mondisme affiché par toute la classe politique sans exception n'est en réalité qu'une hypocrisie de plus pour faire semblant de se soucier du sort de ceux qu'ils excluent de la mondialisation, qu'ils isolent avec des barrières douanières, qu'ils mettent hors-jeu en subventionnant notre économie de façon déloyale et immorale.

Les propositions des candidats au sujet de l'Afrique sont pitoyables et traduisent une réelle méconnaissance du sujet :

  • Augmenter l'aide publique vers l'Afrique (Buffet, Royal...) est totalement inefficace : d’après les chiffres fournis par Easterly, la proportion médiane aide/PIB des 10 pays à plus forte croissance par tête de 1980 à 2002 est de 0,23%; pour les pays qui ont connu la croissance la moins forte, la médiane est 10,98%...
  • L'idée de l'annulation de la dette publique des pays Africains (Besancenot, Voynet, Buffet...) est encore plus déconnectée de la réalité. En effet, cela fait 20 ans que le G7 annule à chaque sommet ces dettes qui se reforment tout de suite après, les gouvernements africains n'ayant pas appris à se servir de ces annulations de dettes comme des déclencheurs d'un cycle vertueux de développement. La Banque de France déclare dans un rapport que « l'annulation de la dette de 30 pays pauvres est pratiquement achevée ».
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La vision libérale du développement de l'Afrique est totalement absente de la campagne présidentielle. C'est fort dommage car c'est juste cette vision qui a sorti 300 millions d'habitants d'Asie de l'Est de la pauvreté...

Absent du débat, le projet libéral pour l'Afrique devrait au moins avoir le droit d'être présenté aux Français. Nous allons tenter ici d'en expliquer les éléments principaux tout en démontrant que les politiques menées depuis un demi-siècle à ce sujet sont très loin d'être libérales, contrairement à ce qu'on entend souvent dire.

Objectif 1 : Détruire les poids administratifs, légaux et fiscaux qui s'opposent à la création d'entreprise et à la propriété. Encourager les réformes.

L'Afrique n'est pas libérale : si c'était le continent de la libre entreprise et de la propriété, ça se saurait...

-La Fondation Heritage publie chaque année son classement "Index of Economic Freedom" qui évalue les pays du monde en fonction de la liberté économique qui y règne. L'Afrique est bien le dernier continent du classement : 20 des 40 pays les moins libéraux du monde sont situés en Afrique Sub-Saharienne.

-La Banque Mondiale publie chaque année le classement "Doing Business", qui évalue les pays du monde en fonction de la facilité d'y faire des affaires, d'y créer des entreprises, d'y implanter une activité économique. L'Afrique est bonne dernière du classement, 30 des 40 dernières places étant occupées par des pays Africains. Comment peut-on accuser le libéralisme d'être responsable du sort de l'Afrique alors que l'entrepreneur Guinéen doit passer par 17 procédures différentes, perdre 233 jours dans les bureaux de l'administration et dépenser 261% du salaire moyen en Guinée pour pouvoir créer son entreprise ? Alors que l'Ougandais qui veut devenir propriétaire doit effectuer 13 procédures administratives différentes et attendre 227 jours avant de pouvoir acquérir sa propriété ? Alors que le chef d'entreprise Gambien, écrasé par le fisc, doit effectuer 47 paiements à l'Etat, y passer 376 heures et se voir taxer 291,4% de son profit !? Alors que le producteur Zambien qui veut exporter ses produits doit remplir 16 documents différents, passer 60 jours à remplir toutes ces procédures pour finir par payer 2 500 $ de frais par conteneur?

On pourrait multiplier les exemples qui prouvent l'absence totale de liberté économique en Afrique et le poids écrasant des Etats qui minent toutes les énergies, toutes les initiatives de ce continent au capacités pourtant immenses.

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Le continent le moins libéral du monde : Réformer pour libérer les énergies et permettre la création d'entreprises

L'absence de liberté économique est la première cause des problèmes de l'Afrique. Pour stopper le désastre, il est indispensable d'engager des réformes profondes dans la législation et dans le fonctionnement des Etats africains dans le but d'encourager une "hypercroissance" de l'activité économique. Cette nécessité des réformes doit être la condition sine qua non de toute aide publique aux pays africains, de tout accord, de toute négociation. Les pays développés doivent également, plutôt que d'arroser ces pays avec l'argent du contribuable, leur apporter les mécanismes et les conseils pour parvenir rapidement et durablement à ces réformes profondes.

Objectif 2 : Appuyer la transition démocratique. Favoriser les gouvernements démocratiques et libéraux. Lutter contre la corruption.

Sur les 31 prédateurs de la liberté de la presse épinglés par Reporters Sans Frontières, 12 sont Africains. L'Afrique est déchirée par les dictatures et la corruption. Pendant des décennies, les dictateurs africains ont détourné les Aides Publiques au Développement (APD), bénéficié de la complicité des dirigeants occidentaux (fourniture d'armes, aide militaire et diplomatique...) et notamment des dirigeants français qui sont souvent à l'origine des régimes dictatoriaux eux-mêmes. Jacques Chirac est le premier coupable de la complicité française avec les dictatures africaines : ses déclarations au sujet de ces régimes sont inacceptables : « Il vaut mieux un toît que des droits » ou encore « L'Afrique n'est pas mûre pour la démocratie » traduisent la complicité (et la grande amitié) ouverte du chef de l'Etat avec les dictateurs africains qui sont coupables de la situation catastrophique dans laquelle se trouve leur pays. Dans le contexte de la présidentielle française, les élogieuses déclarations de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de la politique étrangère de Jacques Chirac (« L'action de Jacques Chirac a été à bien des aspects exemplaire ») sont très inquiétantes.

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Jacques Chirac avec le dictateur lybien Kadhafi : la France est la meilleure alliée des dictatures africaines

 

L'Afrique est aussi le continent de la corruption. Transparency International publie chaque année son classement mondial des pays en fonction de la corruption qui y règne. L'Afrique est bonne dernière : sur les 40 derniers pays, 22 sont Africains.

Il est temps de mettre un terme à ces régimes d'un autre temps qui déchirent l'Afrique. Il faut pour cela mettre un moratoire sur les APD (Aides Publiques au Développement) envers les dictatures, instaurer un audit parlementaire (assuré par la Cour des Comptes, ainsi que par des cabinets d'audits privés mandatés) sur l'utilisation de ces aides par les Etats bénéficiaires, et ne les accorder qu'aux gouvernements démocratiquement élus. Il faut briser les relations diplomatiques avec les dictatures, c'est-à-dire rencontrer le moins possible les dictateurs (et toujours rencontrer les forces d'opposition démocratiques). Il faut saisir la Cour Pénale Internationale et plaider pour la condamnation et les poursuites judiciaires des dictateurs en place. Il faut retirer les forces militaires (françaises) en Afrique, héritières d'un passé colonial peu resplendissant.

Objectif 3 : Mettre fin au protectionnisme des pays riches : Suppression des subventions agricoles et des barrières douanières.

Le problème de l'Afrique n'est pas qu'elle subit la mondialisation, mais plutôt qu'au contraire, elle en est exclue.

-Les pays développés entretiennent des barrières douanières, pour se "protéger" des produits venus des pays pauvres. Le résultat est le retard de développement des pays pauvres : entre 1970 et 2000, la part dans le commerce mondial de l'Afrique Subsaharienne a été divisée par deux. Le PNUD (programme des Nations Unies pour le Développement) constate que « en moyenne, les pays en voie de développement à faibles revenus et exportant vers les pays à revenus élevés sont confrontés à des barrières tarifaires trois à quatre fois plus élevées que les barrières commerciales imposées aux autres pays à revenus élevés ». L'Union Européenne n'échappe pas à la règle (contrairement à ce que tout le monde dit dans cette campagne présidentielle) : ses tarifs sont toujours présents et se présentent plus que jamais dans une logique d'affrontement contre les pauvres : ils sont de 1,6% pour les pays à revenus élevés, de 2,9% pour les pays à revens moyens et de 5% pour les pays à faibles revenus. Cela signifie que l'UE exclue ouvertement et officiellement les pays pauvres (dont la plupart sont Africains : 68% des pauvres dans le monde sont Africains) du commerce mondial en les surtaxant. Notre protectionnisme n'est pas un faux-problème : le PNUD relate dans son rapport 2003 que «lorsque, en 2001, les États-Unis renonçaient à ces règles d’origines [...], les importations admissibles depuis l’Afrique subsaharienne ont brusquement augmenté. En 2003, les niveaux d’importation ont vu leur valeur augmenter et passer de 54 millions de dollars à 668 millions de dollars. Plus de 10 000 emplois ont été créés au seul Lesotho» !

-Les pays développés subventionnent également leur agriculture de façon déloyale vis-à-vis des pays pauvres. Ces subventions s'élèvent en tout à 279 milliards de $ (la majorité vient de l'Europe et de sa Politique Agricole Commune). Elles sont en constante augmentation puisqu'elles s'élevaient à 243 milliards de $ en 1988. D'abord, ces subventions sont injustes puisque les paysans des pays pauvres ne la touchent pas, eux, et se trouvent disqualifiés d'office. De plus, ces subventions entrainent une baisse des prix du marché mondial, baisse que ne peuvent assumer les paysans des pays pauvres, mais que supportent sans problème les paysans des pays riches, subventionnés. Par exemple, en 2003, le prix du sucre sur le marché mondial imposé au paysan africain était de 157 €/tonne. Mais pour l'agriculteur européen, il était garanti à 632€/tonne grace aux subventions. On est loin du libre-échange ! Et enfin, les subventions amènent à la surproduction agricole et à l'exportation des surplus gratuitement vers les pays pauvres : les poulets européens congelés qui arrivent tous les jours sur le marché d'Abidjan constituent une concurrence déloyale pour les agriculteurs locaux. Les subventions des pays riches à leur agriculture constituent par conséquent une véritable arme de guerre des Etats pour mettre hors-jeu les paysans des pays pauvres. Le PNUD note que «cette observation suggère que les
coûts réels, pour les pays en voie de développement, du soutien aux agriculteurs des pays riches pourraient atteindre 72 milliards de dollars par an—un montant équivalent à l’ensemble des aides officielles allouées en 2003
» !

On mesure ainsi encore mieux l'hypocrisie de nos hommes politiques qui jouent les Tiers-Mondistes avec leurs aides aux pays pauvres alors qu'avec leurs politiques protectionnistes, ils ruinent d'autant ceux qu'ils ont aidé !

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(Lire à ce sujet l'"Appel commun des producteurs de coton d'Afrique de l'Ouest")

Notre protectionnisme saigne l'Afrique. Il faut en finir. Il faut supprimer toutes les subventions agricoles (suppression de la PAC), supprimer toutes les aides aux entreprises (65 milliards d'euros en France), supprimer toutes les barrières tarifaires unilatéralement, sans aucune exigence de contrepartie, ouvrir totalement nos frontières aux produits des pays les moins avancés et abolir toute forme de protectionnisme. Appliquer au plus vite l'agenda de Lisbonne et le Cycle de Doha.

Objectif 4 : Promouvoir la libéralisation du commerce en Afrique

Le protectionnisme n'est pas un mal propre aux pays riches, bien au contraire : selon le PNUD, « en plus d’être confrontés à des barrières tarifaires élevées à l’entrée des pays développés, les pays en voie de développement s’imposent également mutuellement des barrières commerciales élevées» « Si l’on considère cet aspect au niveau régional, les taxes douanières moyennes les plus élevées sont celles de l’Afrique subsaharienne, avec 18 %». Ainsi donc, encore une fois, on observe que, loin d'être victime du libéralisme, l'Afrique est bien le continent le moins libéral du Monde. On note cependant que depuis 2000, la libéralisation du commerce régional sous l’autorité du Marché Commun d’Afrique Orientale et d’Afrique du Sud a entraîné une augmentation notable de la valeur commerciale, avec des importations et des exportations passant de 4,5 milliards de dollars en 2002 à 5,3 milliards de dollars en 2003.

Il faut appuyer ces initiatives de libéralisation. Il faut encourager les pays africains à réduire leurs barrières tarifaires, notamment entre eux et à libéraliser leur commerce pour s'ouvrir à la mondialisation. Il faut oeuvrer pour la création d'une zone de libre-échange qui regroupe l'ensemble des pays africains afin que l'Afrique ne soit plus un somme de pays cloitrés derrière leurs frontières, mais un véritable marché, uni et coopératif pour peser dans le marché mondial.

 

Après des décennies d'échecs successifs des politiques socialistes, protectionnistes, des aides publiques, des "Plan Marshall" et des annulations de dettes, des dictatures et de la corruption, le projet de développement libéral de l'Afrique apparaît comme inévitable pour sauver l'Afrique. Malheureusement, la présidentielle française n'apportera probablement pas ces solutions à l'Afrique.

01 mars 2007

Inégalités entre les humains : Et pourtant elles diminuent !

Ce sujet a déjà été abordé précédemment (ici et ici)
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L'idée très répandue que les inégalités augmentent dans le monde est la conséquence de nombreuses erreurs méthodologiques de la part d'un grand nombre d'analystes, notamment parmi les fonctionnaires des institutions onusiennes telles que le Programme des Nations Unies pour le Développement Humain.

Le 25 août 2005, l'ONU a publié un rapport intitulé "Rapport sur la situation sociale dans le monde en 2005 : la crise de l'inégalité" accompagné d'un communiqué de presse qui résumait les principales démonstrations du rapport. Le communiqué de presse était intitulé "Les inégalités dans le monde sont plus prononcées qu'il y a 10 ans, selon un rapport de l'ONU". Le problème est que le communiqué ne démontrait en rien ce qu’il affirmait dans le titre. Il déclarait simplement que « Les inégalités entre les pays sont allées de pair avec la mondialisation ». Mais ça ne veut pas dire que les inégalités entre les individus ont augmenté.
Et voilà tout le problème. Les statistiques couramment utilisées pour les inégalités sont faussées : elles se contentent de comparer les pays au lieu de comparer les hommes. Or tous les pays ne possèdent pas le même nombre d’habitants ! Ainsi, par exemple, la Chine qui possède 1,3 milliards d’habitants est comptée au même titre que le Gabon qui en compte 1000 fois moins ! Le résultat d’une telle étude ne peut être que grotesque !

Un meilleur calcul serait de pondérer chaque pays en fonction de sa population, ce qui nous donnerait une idée de l’évolution des inégalités entre les êtres humains et non pas entre les pays (ce qui n’a aucun sens). C’est ce qu’a fait Xavier Sala-i-Martin, professeur d’Economie à l’Université de Columbia, l’un des économistes les plus cités de la planète. Ses conclusions sont claires : les inégalités entre les hommes ont diminué continuellement depuis 1978.

Dans le schéma ci-dessous, on observe deux courbes correspondant aux deux méthodes de calcul de l’inégalité :
  • La courbe noire montre l’inégalité entre les pays (méthode PNUD)
  • La courbe verte montre l’inégalité entre les pays pondérée en fonction de leur population (méthode Sala-i-Martin)
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On observe que, bien que les inégalités entre les pays augmentent, il y a en réalité un plus grand nombre d’être humains qui vivent dans un pays qui a réduit ses inégalités par rapport aux plus riches de la planète. Cette conclusion n’est pas surprenante, surtout lorsqu’on sait que la Chine et l’Inde qui a elles deux représentent 2,4 milliards d’individus ont réduit leurs inégalités.

Sala-i-Martin conclue ainsi : « Notre analyse montre que, si au lieu de considérer le PIB par habitant entre les pays, on analyse les revenus des individus, les deux décennies passées témoignent sans aucune ambiguïté d’un processus de convergence des revenus à l’échelle mondiale. »

26 février 2007

Ils ne sont pas libéraux

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Il n'est pas libéral : François Bayrou (cliquez ici
Il n'est pas libéral : Nicolas Sarkozy (cliquez ici)
Il n'est pas libéral : George W. Bush (cliquez ici

20 février 2007

Les dix sites les plus pollués de la planète

 

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« Je considère qu’il s’agit d’un seul et même impératif, combattre le libéralisme [...] et son cortège [...] de destructions environnementales » a déclaré Marie-George Buffet (candidate communiste) sous l'oeil sévère de l'animateur télé Nicolas Hulot (vous savez celui qui est investi d'une mission divine et que tous nos cleptocrates vénèrent).

The Blacksmith Institute, une ONG environnementale américaine établit chaque année le classement des 10 sites les plus pollués du Monde. Le plus intéressant est de constater que tous ces sites se situent dans des pays parmi les moins libéraux du Monde selon le classement de la Heritage Foundation. La place de ces pays dans ce dernier classement est indiquée ci-dessous entre parenthèses.

1er : Tchernobyl, Ukraine (125e pays en matière de libéralisme)

2e : Dzerzhinsk, Russie (120e)

3e : Haina, République Dominicaine (100e)

4e : Kabwe, Zambie (92e)

5e : La Oroya, Perou (63e)

6e : Linfen, Chine (119e)

7e : Maiuu Suu, Kyrgyzstan (79e)

8e : Norilsk, Russie (120e)

9e : Ranipet, Inde (104e)

10e : Rudnaya Pristan/Dalnegorsk, Russie (120e)

 

Qui osera encore dire que le libéralisme est la cause de la pollution ? 

12 février 2007

Attac : "C’est en Californie qu’a été poussée la logique de la dérégulation à son paroxysme"

Lu de la plume du Secrétaire d'Attac Luxembourg : « Mais c’est en Californie qu’a été poussée la logique de la dérégulation à son paroxysme : vous souvenez vous des innombrables coupures d’électricité en Californie au cours des étés 2000 et 2001 ? ».

Ah ! La Californie ! Elle nous ferait presque oublier que l'électricité nationalisée a elle aussi un contre-exemple de taille (et bien plus catastrophique) : la centrale nucléaire soviétique étatisée de Tchernobyl...
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La Centrale nucléaire de Tchernobyl : ex-fleuron du service public soviétique de l'électricité 

L'exemple de la Californie nous ferait aussi oublier l'immense succés de la privatisation de l'électricité dans tous les autres pays où elle a été mise en place :
  • Le Royaume-Uni : en 10 ans (1990-2000), la facture annuelle par ménage est passée de 352£ à 246£ soit une baisse de 30% pour le consommateur.
  • La Scandinavie : en 3 ans (1996-1999), les prix on baissé jusqu'à 34%
  • L'Australie : en 4 ans, dans la région de Sydney, les prix ont baissé de 10%
  • La Pennsylvanie : les consommateurs sont 31% à être satisfaits de leur service (contre 24% dans le reste des Etats-Unis)
  • De nombreux autres pays ont libéralisé leur marché énergétique sans que cela provoque des catastrophes comme on nous le prédit si souvent

Dans ce si beau tableau, il faut reconnaître que l'exemple Californien fait tâche...

En réalité, quand on y regarde de plus près, il est très difficile de dire que « c’est en Californie qu’a été poussée la logique de la dérégulation à son paroxysme » pour reprendre la formule du dirigeant altermondialiste.

D'abord ce n'est pas vrai : le Center for the Advancement of Energy Markets, qui classe les états américains selon le degré d'achèvement de leurs projets de libéralisation positionnait en 2000 la Californie seulement au seizième rang, loin derrière la Pennsylvanie, le ou l'Etat de New York, qui ont pourtant ammorcé le processus bien plus tard !

Ensuite parce que la Californie a peut-être privatisé son énergie, mais elle ne l'a en aucun cas dérégulée et encore moins libéralisée :

  • Les formalités et exigences administratives sont telles qu'il faut aujourd'hui 5 ans pour construire une centrale électrique (contre 1 an dans les autres états).
  • Les contrats à long-terme entre consommateur et fournisseur sont interdits.
  • Il est interdit aux sociétés d'électricité implantées dans les autres états américains de fournir des consommateurs Californiens.
  • Les prix étaient administrés et bloqués par l'administration (jusqu'en 2002).
  • Toute nouvelle société de distribution d'électricité doit proposer des prix au moins 20% moins chers pour être autorisée.
  • Les companies d'électricité doivent se fournir sur un marché d'Etat.
  • L'Etat peut imposer aux sociétés d'électricité de fermer certaines de leurs usines, arbitrairement.

Dur dur de voir de la libéralisation dans un marché contrôlé presque entièrement par l'Etat et les monopoles en place !

D'ailleurs dans les faits, l'effet "concurrence" a été quasiment nul : à peine 2% des clients ont entrepris de changé de fournisseur. A titre de comparaison, ils étaient 45% en Pennsylvanie où l'électricité a vraiment été libéralisée...

Sources : http://www.euro92.com/edi/bull/archives/arch22lepage.htm

http://www.euro92.com/divers/californie/reasonmoore.htm

01 février 2007

Olivier Besancenot : "Les profits et les pouvoirs des multinationales se sont accrus"

 

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Olivier Besancenot, candidat LCR à l'élection présidentielle française de 2007, a déclaré que « les profits et les pouvoirs des multinationales se sont accrus ». Cette affirmation est un mythe couramment répandu qui tendrait à faire croire que le bol d'air libéral apporté par la mondialisation a amené à la concentration, à la domination et à l'augmentation du poids des multinationales que l'on imagine facilement dans la mythologie altermondialiste dirigées par des patrons obèses affalés dans un fauteuil au 500ème étage d'un building de verre, cigare au bec, ricanant de plaisir en repensant à sa dernière délocalisation...

Mais la réalité est tout autre.

Le libéralisme entraîne au contraire la multiplication des petites et moyennes entreprises qui composent la majorité du tissu économique de tous les pays du Monde (95% en France). La mondialisation a accru l'émergence de ces petites entreprises dynamiques et réactives et les grandes multinationales perdent de plus en plus de parts de marché.

Aux Etats-Unis, la proportion des 500 plus grandes entreprises dans le PIB a même quasiment été divisé par deux en 20 ans (de 60% à 35%) ! :

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Voilà de quoi rassurer les 55% de Français qui pensent que la mondialisation profite d'abord aux multinationales (Sondage TNS Sofres)...

 

27 janvier 2007

Razzye Hammadi : "une baisse de quatre points des impôts, c'est 70 milliards d'euros perdus pour l'Etat"

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Face à Edouard Fillias sur I-télé dans l'émission "N'ayons pas peur des mots", le président du Mouvement des Jeunes Socialistes, Razzye Hammadi, évoquait le programme économique de Nicolas Sarkozy qui aurait pour but, selon lui, de « Thatcheriser » la France, assertion propre à faire pleurer de rire jusqu'à l'asphyxie tout vrai libéral qui connaît un temps soit peu Margaret Thatcher.

Il a également affirmé, dans la droite ligne de François Hollande, qu' « une baisse de quatre points des impôts, c'est 70 milliards d'euros perdus pour l'Etat » et que pour l'équilibre du budget, c'était une mauvaise chose de baisser les impôts. Razzye Hammadi fait là une erreur car il se base sur une vision figée de la société (d'ailleurs les socialistes n'ont pas d'autre choix que d'avoir cette vision : ils sont restés bloqués en 1936). Le problème est que si on baisse les impôts, les Français auront plus de marges de manœuvre pour investir et embaucher, donc gagneront plus... et auront plus d'argent à donner aux impôts ! De plus, les Français les plus riches, plutôt que de fuir l’enfer fiscal qu’est la France pour payer des impôts ailleurs resteront et paieront leurs impôts en France.

Le principe est récurrent : dans les années 1980, lorsque Margaret Thatcher fit baisser les impôts de 83% à 40% sur les revenus les plus élevés, ses opposants tenaient exactement le même discours que Razzye Hammadi et craignaient une baisse des recettes fiscales de 1,5 milliards de livres. Or, on a constaté au contraire une augmentation de 0,3 milliards de livres ! Et ce phénomène se retrouve sous Reagan ou encore sous Kennedy aux Etats-Unis. (1)

Ainsi, contrairement aux apparences, baisser les impôts augmente les recettes fiscales de l'Etat. C'est tout le raisonnement des socialistes qui s'effondre.

20 janvier 2007

Bruno Gollnisch : "Le textile chinois est fabriqué par des millions d'esclaves"

 

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Le député européen FN a déclaré sur France Info récemment qu'il fallait empêcher d'arriver le textile fabriqué par « des millions d'esclaves en Chine », dans la droite lignée de la litanie du « en Chine c'est le capitalisme sauvage et les gens ne gagnent rien».

D'abord, la Chine n'est pas connue pour être particulièrement capitaliste, même si les efforts de libéralisation économique ont été sensibles dans les dernières années et que la Chine s'est retrouvée embarquée dans la mondialisation.

Mais le niveau des salaires et de la vie en Chine est-il si bas ? 

Cette affirmation, si souvent répetée est bien éloignée de la réalité :

  • Les salaires : Le salaire d'une ouvrière de textile en Chine est environ de 100 €. Cela peut paraître peu, mais c'est en réalité beaucoup en Chine où le coût de la vie est très bas (exemple : un repas pour deux au resto coute 0,60 €  et un téléviseur 70 €!). De plus, les salaires n'ont cessé d'augmenter depuis 15 ans : dans les villes, les revenus nets, en 2003 et compte tenu du coût croissant de la vie, étaient 2,6 fois plus élevés qu'en 1990. A la campagne, 1,8 fois plus élevés. C'est-à-dire qu'en l'espace de 13 ans, ils ont doublé leur salaire ! (1)
  • Le niveau de vie : L'IDH (Indice de Développement Humain) a connu une très forte croissance également, passant de 0.525 à 0.755 entre 1975 et 2004. En 15 ans, la Chine a gagné 20 places sur le classement de l'IDH, cette augmentation a d'ailleurs été qualifiée de « spectaculaire » par la Programme des Nations Unies pour le Développement.
  • La pauvreté : Entre 1990 et 2005, la Chine a divisé par deux son taux de pauvreté monétaire et a atteint d'ores-et-déjà les Objectifs Mondiaux pour le Développement de réduction de la pauvreté originellement prévus pour... 2015 ! (2)
  • L'équipement : Les "esclaves" chinois sont de mieux en mieux équipés. En 1990, l'ensemble du pays comptait 7 millions de téléphones. L'an dernier, il y en avait 627 millions (!) : 307 millions de téléphones fixes et 320 millions de GSM. La Chine compte aujourd'hui 400 millions de télévisions. C'est-à-dire que 31% des Chinois ont la télévision (contre 52% en France). (3)

Il faut croire que les esclaves sont particulièrement bien traités ces temps-ci... 

Pourquoi empêcher le textile chinois d'entrer en Europe, alors qu'il permet aux Chinois d'augmenter leur niveau de vie et aux Européens d'avoir accés à un textile moins cher

Avec de tels discours, Bruno Gollnisch et le FN ne sont en aucun cas une alternative, puisqu'ils défendent le protectionnisme avec la même vigueur que leurs prétendus adversaires socialistes et conservateurs.

13 janvier 2007

Attac "Il y a environ deux fois plus de personnes pauvres au Royaume-Uni qu’en France"

 

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Attac (entre autres) a constaté qu' « il y a environ deux fois plus de personnes pauvres au Royaume-Uni qu’en France ».

Plus de pauvres ?

On ne cesse de nous le répéter : il y a plus de pauvres au Royaume-Uni avec son modèle social hérité des politiques libérales conduites par Margaret Thatcher qu’en France avec notre très cher modèle social(ist)e français. L’argument est de taille. On serait prêt à oublier que les anglais ont deux fois moins de chômage que nous, que, parmi ces chômeurs, ils ont deux fois moins de chômeurs longue-durée que nous, que leur économie prospère, que leurs transferts sociaux vers les plus pauvres sont 10% supérieurs à nous, que leur taux d’emploi est supérieur de 10% par rapport à nous, etc, etc, etc… Pour un peu, on serait prêt à tout oublier devant un chiffre qui revient tout le temps : la pauvreté relative. « Selon l’OCDE, le taux de pauvreté à 50% du revenu médian en 2000 était de 7% en France contre 11,4% au Royaume-Uni. » nous dit-on. Combien d’associations, de partis gauchistes voient en ces quelques chiffres l’échec du Thatcherisme ? Même notre immensément aimé Président Chirac en avait fait LE chiffre de son discours du 14 Juillet 2005.

Le problème est que cette analyse est faussée. Ce qu’il faut comprendre c’est que ces chiffres représentent le pourcentage de Français sous le seuil de pauvreté FRANÇAIS et celui d’Anglais sous le seuil de pauvreté ANGLAIS. Et ce n’est pas la même chose. Et donc pas comparable. Le seuil de pauvreté est calculé de la façon suivante :

  • On prend le salaire médian de chaque pays (le salaire au dessus duquel il y a la moitié des salaires et en dessous l’autre moitié)
  • On le divise par deux (50%), ce qui donne le seuil de pauvreté.
Or le salaire médian (net, par individu par mois en euros constants) au Royaume-Uni (2090€ en 2002) est bien plus élevé qu’en France (1318€ en 2002) ! De même pour le salaire médian horaire qui est à 16,2€ au Royaume-Uni contre 14,2€ en France. Par conséquent, leur seuil de pauvreté est plus élevé, et donc leur taux de pauvreté aussi ! Mais ce qui ne veut absolument pas dire qu’il sont plus pauvres que nous. Et même, si on observe l’Indice de Développement Humain (IDH) qui donne une vision globale du bien-être individuel et collectif de la population, incluant la santé, la longévité, la pauvreté, le niveau d’éducation, le niveau de vie… Le Royaume-Uni et la France y sont quasiment à égalité, avec même un avantage pour le Royaume-Uni pour les dix dernières années.

De même, le taux de pauvreté après transferts sociaux (publié par Eurostat) est pratiquement le même au Royaume-Uni et en France.

Les chiffres les plus surprenants viennent sûrement du côté du nombre de SDF (Sans Domicile Fixe). En 1998, la Grande-Bretagne ne comptait que 1 850 SDF permanents, soit deux fois moins que 10 ans plus tôt. En 2003, le nombre de sans-abris n’est que de 504 dont seulement quelques dizaines à Londres. Par comparaison, en France on compte plus de 100 000 SDF permanents dont environ 20 000 en région parisienne.

Qui paie ?

On l’a vu : France et Royaume-Uni sont quasiment au même niveau en matière de pauvreté. Mais à quelle prix égalisons-nous (et dépassons-nous parfois) les Britanniques sur ce sujet ? En s’endettant. La France a une dette publique (environ 2000 milliards d’euros) trois fois supérieure à la dette Britannique (environ 650 milliards d’euros). En faisant payer les générations futures, il n’est pas étonnant que la France aie les moyens de se payer une politique sociale plus ambitieuse que sa voisine Outre-Manche ! Il est même curieux qu’à ce prix là, tous les français ne vivent dans des palaces !

Le modèle social Britannique est largement le meilleur

Ce petit tableau montre la différence entre un modèle libéral (Britannique) et un modèle socialiste (Français) :

 

Modèle social britannique

Modèle social français

Chômage (2005)

4,8%

9,7%

Chômeurs longue-durée (BIT)

1,2%

4,2%

Chômage des jeunes (2003)

11,5%

20,8%

Emploi (2004)

73%

63%

Emplois privés

24 millions

17 millions

Salaire médian horaire

16,2 €

14,2 €

Salaire moyen mensuel

3 049 €

2 162 €

Salariés à temps complet percevant le SMIC (salariés précaires)

2%

15%

Croissance du PIB (1992-2004)

40%

20%

Dette publique (€)

650 milliards

2 000 milliards

Part des transferts sociaux vers les plus pauvres (Eurostat 2004)

64%

54%

Poids des prélèvements obligatoires

37%

47%

Investissements étrangers (2004)

672 milliards $

430 milliards $

Liberté économique (rang mondial)

5e

44e

Facilité à créer une entreprise (rang mondial)

6e

35e

Taux de syndicalisation

31%

8%

Nombre de SDF

800 (ODPM)

86 000 (INSEE)

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(A noter : une analyse comparative similaire avec les États-Unis existe déjà ici et elle est excellente...)